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VINCENT DE PAUL

(1581 - 1660)


Vincent Depaul (devenu « de Paul ») est né près de Dax (Landes) en 1581 et mort à Paris en 1660. D’une famille de paysans, mais aidé dans ses études par des amis, il s’oriente vers le sacerdoce. Ordonné prêtre en 1600, il suit sa théologie à Toulouse, puis à Paris, seul et démuni. Chez les Oratoriens, il rencontre Bérulle.
En 1610, il est introduit comme aumônier de la reine Marguerite de Valois, mais, désireux de travailler pour les pauvres, il quitte Paris pour une lointaine paroisse, Châtillon-des-Dombes. Il y fonde la Confrérie de la Charité, qui ne cessera de se développer : ce sont aujourd’hui les « équipes Saint-Vincent ». La même année, il est rappelé à Paris et organise pour les paysans qui vivent sur les terres de Madame de Gondi, les premières « missions ». C’est chez les Gondi qu’il rencontre François de Sales qui, avant de mourir, le fera nommer supérieur de la Visitation de Paris.
En 1619, il est nommé aumônier général des galères, puis principal du collège des Bons-Enfants à Paris. En 1620, il fonde la Mission, puis en 1633 les Filles de la Charité ainsi que les « Conférences des mardis » pour les prêtres. En 1641, il fonde un premier séminaire : à sa mort, il y en aura déjà treize autres. 
Béatifié en 1729, il sera canonisé dès 1737.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Dieu est très simple

REVUE DE PRESSE

« Dieu est très simple » – Entretiens spirituels
Esprit et vie (05/01/2010), par Cécile Rastoin, o.c.d.

 Ce livre mérite d’être salué car il met dans les mains de son lecteur des textes de saint Vincent de Paul, un de nos saints les plus populaires, les plus vivants aussi dans la mentalité populaire, immortalisé par l’inoubliable Pierre Fresnay dans Monsieur Vincent.
 Ici, c’est la voix authentique de « Monsieur Vincent » : des extraits de ses écrits, de ses dis-cours aux pères de sa compagnie, ses entretiens avec les Sœurs de la Charité, des conseils à de jeunes étudiants, etc. Simplicité, humilité, foi, oraison... Tous les sujets sont abordés par petites touches, simplement, justement.
 Travailleur infatigable (il a écrit trente mille lettres !), fondateur d’une multitude d’œuvres, saint Vincent reste surtout le héraut de la charité évangélique toute simple, comme le montre cette citation, offerte par J.-P. Renouard, c.m., dans sa préface : « Aujourd’hui comme hier, la simplicité, même si on lui donne d’autres noms, séduit et conquiert les cœurs. Aussi nous faut-il retrouver dans nos vies, sous les masques et les déguisements, la simplicité de l’enfant qui vit les choses comme elles sont parce qu’il les regarde d’un œil neuf. Il nous faut retrouver la fraîcheur de l’expression et de l’image pour rendre à nos contemporains la limpidité de l’Évangile tels que l’entendirent, pour la première fois, au bord du lac de Galilée, les auditeurs du lieu. »


« Dieu est très simple »
Lien vivant (03/01/2011), par Sœur Marie-Claire Van der Elst

 Ce grand saint est surtout connu pour être le fondateur des Lazaristes et des Filles de la charité, mais qui connaît les écrits qu’il a laissés, lui dont les œuvres complètes, éditées chez Gabalda en 1923, ne comportent pas moins de 15 volumes ? Ce nouveau « carnet spirituel », en nous faisant entrer dans l’intimité des Entretiens, nous permet de découvrir le directeur d’âmes. 
 Les textes ici présentés, chacun pourvu de sa référence et d’un titre, sont extraits des volumes XI et XII qui sont consacrés aux Entretiens aux Missionnaires, aussi connus comme « la Conférence des mardis, composée de Messieurs les ecclésiastiques externes ». 
 Jean-Pierre Renouard développe dans son introduction l’importance de la simplicité pour st Vincent de Paul qui disait : « La simplicité, je l’appelle mon évangile. » Le ton oral, presque familier, contribue à la clarté de l’exposé, tant il est vrai que : « Les prédicateurs qui prêchent conformément aux lumières de la foi opèrent plus dans les âmes que ceux qui remplissent leurs discours de raisonnements humains... »
 Les sujets abordés ont trait à l’oraison, la charité, l’esprit de compassion, la mortification, et encore la sensualité (qui « se fourre partout ») ou le bon usage des maladies... Certains entretiens sont en dialogue, ou tout au moins traitent d’un cas ou d’une difficulté précise qui donnent lieu, plutôt qu’à une réponse, à des conseils pleins de bon sens spirituel. La « petite Compagnie de la Mission », ainsi qu’il l’appelle avec attendrissement, était ainsi encouragée à aimer Dieu comme « des ouvriers qui travaillent » à partager aux hommes la nourriture puisée dans la lecture et la solitude.

Dieu est très simple
Lettre de Ligugé (09/01/2007), par Lucien-Jean Bord

 Malgré le grand renom dont jouit encore Vincent de Paul, bien peu de ses écrits sont accessibles à un large public, la dernière édition de ses œuvres complètes remontant à 1923 et ne se trouvant plus que dans certaines bibliothèques. On doit donc se réjouir de cette présentation de textes, réalisée par Jean-Pierre Renouard à partir d’une sélection d’écrits initialement destinés aux missionnaires.
 En un siècle où le discours religieux était (trop) souvent ampoulé, ces « entretiens » tranchent par leur vérité et leur simplicité : c’est ici l’image d’un « Dieu très simple » qui doit inciter cette « simplicité de faire toutes choses pour l’amour de Dieu ». Lorsque nous lisons des phrases comme celle-ci : « Vous croyez peut-être, mes frères, qu’un homme est bien humble et qu’il s’est beaucoup abaissé lorsqu’il a pris la dernière place ? Eh quoi ! Un homme s’humilie-t-il en prenant la place de Notre Seigneur ? », on comprend toute l’actualité de saint Vincent de Paul.

PETITE ANTHOLOGIE

Dieu est très simple
(extraits)

 Sur la simplicité
 (Entretien 33 – XI, 50)

 Dieu est très simple, ou plutôt il est la simplicité même.
 Et partant, où est la simplicité, là aussi Dieu se rencontre. Et, comme a dit le Sage, celui qui marche simplement marche avec assurance [Pr 10, 9].
 Comme, au contraire, ceux qui usent de cautèles et de duplicités sont dans une appréhension continuelle que leur finesse ne soit découverte, et qu’étant surpris dans leurs déguisements, on ne veuille plus se fier à eux.


 Sur l’oraison
 (Entretien 67 – XI, 83-84)

 Donnez-moi un homme d’oraison, et il sera capable de tout !
 Il pourra dire avec le saint Apôtre : “Je puis toutes choses en celui qui me soutient et qui me conforte” [Ph 4, 13].
 La congrégation de la Mission subsistera autant de temps que l’exercice de l’oraison y sera fidèlement pratiqué, parce que l’oraison est comme un rempart inexpugnable, qui mettra les missionnaires à couvert contre toutes sortes d’attaques.
 Elle est un mystique arsenal, ou comme la tour de David, qui leur fournira toutes sortes d’armes, non seulement pour se défendre, mais aussi pour assaillir et mettre en déroute tous les ennemis de la gloire de Dieu et du salut des âmes.


 Sur l’oraison
 (Entretien 68 – XI, 84)

 "L’oraison est une prédication qu’on se fait à soi-même pour se convaincre du besoin qu’on a de recourir à Dieu et de coopérer avec sa grâce pour extirper les vices de notre âme et pour y planter les vertus.
 Il faut dans l’oraison s’appliquer particulièrement à combattre la passion ou la mauvaise inclination qui nous gourmande, et tendre toujours à la mortifier ; parce que, lorsqu’on est venu à bout de celle-là, le reste suit aisément."
 Saint Vincent recommandait encore de tenir ferme dans ce combat ; d’aller doucement dans la manière d’agir, et de ne pas se rompre la tête à force de s’appliquer et de vouloir subtiliser ; d’élever son esprit à Dieu et de l’écouter, parce qu’une de ses paroles fait plus que mille raisons et que toutes les spéculations de notre entendement.
  Il ajoutait qu’il n’y a que ce que Dieu inspire et qui vient de lui qui nous puisse profiter ; que nous devons recevoir de Dieu pour donner au prochain, à l’exemple de Jésus Christ qui, parlant de lui-même, disait qu’il n’enseignait aux autres que ce qu’il avait entendu et appris de son Père [Lc 10, 22].