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UNE MONIALE

(1926 - 2015)

 Françoise Azaïs de Vergeron – Catherine-Marie de la Trinité en religion – est née à Saint-Cyr-l’École le 3 août 1926.
 Elle passe ses premières années en Île-de-France et à Dijon, tout en séjournant régulièrement au domaine de Troupiac, entre Castres et Sorèze, dans le Tarn, où sa famille, d’origine béarnaise, apparentée à Francis Jammes et Saint-Exupéry, viendra se fixer peu de temps avant la guerre. Très jeune, elle connaît de grandes épreuves.
 En 1948, sur la foi d’un regard, quittant le monde et avec lui les carrières que ses études de droit lui ouvraient, elle entre au monastère de Sainte-Marie-de-Prouilhe, fondé en 1206 par saint Dominique, près de Fanjeaux, dans l’Aude.
 Elle écrit des poèmes sans les donner à lire, jusqu’au jour où une sœur de sa communauté lui suggère de les réunir en brochures qui pourront être présentées à la librairie du monastère. C’est sous cette forme que Max de Carvalho en a pris connaissance.

Elle est décédée le 4 avril 2015.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le Repos inconnu

REVUE DE PRESSE

Le repos inconnu
e-litterature.net (19/10/2010), par Françoise Urban-Menninger

C’est en 2001 que Max de Carvalho rencontre Françoise Azaïs de Vergeron-Catherine-Marie de la Trinité en religion-entrée au monastère des dominicaines de Sainte-Marie-de-Prouilhe dans l’Aude en 1948. La moniale écrit des poèmes qu’une soeur de la communauté lui propose de rassembler dans une brochure présentée dans la librairie du monastère...

Max de Carvahlo en prend connaissance et invite la moniale à lui confier des textes qu’il fait paraître aux Éditions L’Arrière-Pays sous le titre lumineux Le mendiant d’infini en 2003. Très vite le tirage est épuisé et le présent recueil Le repos inconnu reprend cet ouvrage en le complétant.

Les images bouleversantes de simplicité et ruisselantes de lumière coulent dans les pages de ce recueil telle une eau vive et limpide : « Printemps de / roses en lumière, / rosée dans / l’herbe verte »... À l’instar d’un haiku, le temps est éternisé en deux ou trois vers : « Cascade au flanc de la montagne / relais de la blancheur des cimes » ou « Étang de montagne en été / sais-tu ce qu’il te manque / pour devenir torrent ? »

Le lecteur aussi bien laïc que croyant ne peut être insensible à cette voix qui traverse le silence pour se poser tel un oiseau sur les branches de la forêt de l’indicible. Max de Carvalho n’hésite pas à dire dans dans sa préface que ces textes sont « les illuminations et les commotions de l’âme face au Beau ».

Loin d’une société qui poursuit sa fuite en avant, on entre avec les poèmes de Catherine-Marie de la Trinité dans l’intimité d’ une vie contemplative où la notion de temps est abolie : « Une seule marguerite / dans la prairie, / une éclaircie / dans la forêt. » La simplicité de sa parole confine à l’épure, l’auteur s’efface derrière les mots pour nous octroyer la lumière resplendissante de son âme dépouillée de tout artifice.

C’est cette nudité de l’âme qui nous atteint et nous émeut : « Bois cette eau / vive à la coupe / de ton cœur / brisé ». Ces textes nés dans la solitude et le silence de la contemplation sont semblables à ces roses de sable que l’on ramène avec bonheur d’un périple dans le désert, ils nous désaltèrent à la source même de notre soif et dans le même temps nous apaisent.

Le repos inconnu, une œuvre de très haute spiritualité
Le Blog de la Procure (14/10/2010), par Patrick Kéchichian

 Toute poésie naît d’une rencontre. Et donc d’un état de veille, parfois même d’alarme. Veille et rencontre qui prennent, pour le poète épris de Dieu, une signification forte, un sens avéré.

Assurément, l’angoisse, le sentiment du vide répondent plus souvent à l’attente que la plénitude ou l’illumination. Mais qu’importe ! Même au cœur de la nuit et de l’abandon, ces poètes de la présence, ont hâte de dire, de chanter l’objet infini de leur amour. Le mode d’oraison qui a nom poésie n’a ni interruption ni distraction.

« L’angoisse de la nuit / la première / verra l’amour », écrit « une moniale », qui ne signe ses vers que par cette identité par laquelle elle se fond dans sa communauté. Max de Carvalho, lui-même poète inspiré et fervent, a recueilli les carnets de poésie de sœur Catherine-Marie de la Trinité au parloir du monastère de Prouilhe, dans l’Aude (fondé par saint Dominique en 1206). Née en 1926, la moniale entra en religion en 1948. Elle fit profession perpétuelle en 1953. La première rencontre entre le jeune homme et la religieuse eut lieu en 2001. Deux ans plus tard, il publiait un premier choix de poèmes aux éditions L’Arrière-Pays sous le titre Le Mendiant d’infini, épuisé depuis. La présente édition, est complétée et entièrement refondue. Sans aucun doute possible, nous sommes devant une œuvre de très haute spiritualité. La beauté, la profondeur et l’admirable économie de ce langage étant immédiatement perceptibles : lisant ces vers, nous touchons leur source.

Il ne faut pas se tromper sur le sens et la nature d’une telle poésie. J’ai évoqué à l’instant l’oraison. On parle d’oraison mentale – le silence étant comme son espace naturel – ou d’oraison jaculatoire, lorsque l’invocation à Dieu, à ses saints ou à la Vierge jaillit du cœur, avec les mots brefs de l’amour et de la supplication. C’est entre ces deux pôles, ou modes, qu’il faut situer ces pages. « La nudité de la vision, explique Max de Carvalho, induit parfois ici celle de l’expression. » Et plus loin, parlant de la mission de la moniale : « Son ministère d’adoration et d’intercession dilate son cœur à la Vie innombrable. »

Avant d’inviter le lecteur à découvrir, dans les poèmes de la religieuse, l’expression si émouvante et adéquate de cette « dilatation », retenons ces mots : « Vie innombrable ». Dans le périmètre du cloître et du monastère où sont nées ces pages, puis dans celui du monde qui lui correspond, c’est bien de cela qu’il s’agit : pas d’une restriction, d’une soustraction, mais d’un accroissement. Prenez ces vers par exemple : « Mon cœur repose / en l’ignorance. / L’Infini lui suffit. » Au-delà de toute vanité, de tout retour sur soi (comme on dit sur investissement), ce repos, cette ignorance consonne avec l’Infini. Et cette suffisance s’oppose très exactement à l’autosuffisance à laquelle, sans cesse, le monde nous invite. Ou quelques pages plus loin, cette crainte et ce tremblement : « Nuit, longue nuit / de l’esprit en prière / sans autre savoir / que la vacante ténèbre de Dieu. » Ce « savoir » ténébreux, d’autres mystiques, et les plus grands, l’ont sondé, interrogé. Ce mince volume prolonge cette interrogation essentielle.

Le repos inconnu
La Lettre de Ligugé (01/01/2011), par François Cassingena-Trevedy

 Ce livre est issu d’une rencontre, celle de Max de Carvalho et de sœur Catherine-Marie de la Trinité (Françoise Azaïs de Vergeron), moniale dominicaine de Prouilhe. Ayant découvert les poèmes de sœur Catherine-Marie, Max de Carvalho lui demanda l’autorisation d’en faire un recueil. Ces textes brefs, clairs comme une aurore printanière, sont le murmure – parfois très fort – d’un cœur qui veille et qui psalmodie sa prière en un chant intemporel où l’âme parle à l’âme, où l’amour fleurit le désert.

Le repos inconnu
Nunc (02/01/2011), par Nelly Carnet

Dans l’amour désintéressé et passionné d’un Dieu insondable, la Sœur Catherine-Marie, « mendiante d’infini » selon les termes de Max de Carvalho, prête aux mots la substance de son désir comme une femme entamerait un dialogue avec l’amant idéal de toute une vie. La poésie d’une croyante offerte à Dieu est une ouverture pour qui voulait sortir d’un désespoir. « J’étais cet aveugle / au bord du chemin, / accablé de trop / lourdes ténèbres. / Tu as frôlé mes yeux / d’une rosée de lumière. / Je bois Ton Visage, / ô merveille ! / et Ton regard de feu. » À la « source », se trouve la « soif » qui exalte la si grande avidité de cet Autre incommensurable.
 
La langue imprègne avec tant de douceur la surface de la page que le non-croyant se laisse embarquer sur cette caravelle de l’amour. Une nonne s’abandonne totalement au verbe comme à la divinité louée. Elle donne forme à ce grand indicible à travers des comparants tout aussi intangibles que leur comparé. La présence de ce Dieu chrétien pourrait alors s’élargir à n’importe quelle expérience épiphanique vécue par quiconque au moins une fois dans sa vie. 

L’émerveillement se traduit par l’« éclat de cène fleur au soleil », la « blancheur des cimes qui me ravit », le « léger rayon de soleil caché dans cette combe baignée d’ombre encore et de mystère », la « profusion de diamants semés par la nuit qui émaille l’herbe des champs ».

La relation est quotidienne comme dans un couple où le tutoiement est de mise. Ce « Tu » absolu, « présence d’absence », manque porté en soi et révélation de ce manque, caractérise l’aspiration d’un être avide de totalité. La divinité est intériorisée dans un élan radical mais dans un certain asservissement, heureux cependant, comme le terme « emprise » le laisse entendre : « Je vis sous l’emprise / de ce chant de silence / plus doux qu’un / murmure de brise. / En moi l’Esprit fait tout, / Il ajuste les cordes / et Il joue... » Cette emprise est la dépendance à l’Autre dans une passion qui laisse peu d’intervalle libre pour soi.

C’est seul, dans le silence, parfois l’obscurité, que s’opère la magie de la vie avec la divinité renfermant toutes les qualités que l’on voudrait laisser parler en la personne de l’humain inscrit dans un absolu, une lumière, un idéal. La prière vient se confondre avec les mots du recueil poétique qui regroupe des poèmes déjà parus sous le titre Le mendiant d’infini, et auxquels est venue s’ajouter la continuité de l’échange passionnel, dans la tentation, la tentative, l’approche de soi en communion avec l’Autre. Dans l’expectative, inquiétude et bonheur s’y conjuguent harmonieusement.

Le repos inconnu
Feu et lumière (02/01/2011), par Bernard Perroy

 Ce petit livre est un trésor : des textes nés de l’expérience d’une moniale du monastère Sainte Marie de Prouille, fondé par saint Dominique il y a huit siècles.
 Comme les psaumes, ces courts poèmes sont tour à tour des cris ou des louanges adressés à Celui qui se fait proche ou lointain...
 Témoignage magnifique d’une priante : « Si tu ne peux prier, / laisse Dieu t’aimer. »

Le repos inconnu
Poésie Première (06/01/2011), par Nelly Carnet

 Dans l’amour désintéressé et passionné d’un Dieu insondable, la Sœur Catherine-Marie, « mendiante d’infini » selon les termes de Max Carvalho, prête aux mots la substance de son désir comme une femme entamerait un dialogue avec l’amant idéal de toute une vie. La poésie d’une croyante offerte à Dieu est une ouverture pour qui voulait sortir d’un déses­poir. « J’étais cet aveugle /au bord du chemin, / accablé de trop / lourdes ténèbres. I Tu as frôlé mes yeux / d’une rosée de lumière. / Je bois Ton Visage, / ô merveille ! / et Ton regard de feu. »
   À la « source », se trouve la « soif » qui exalte la si grande avidité de cet Autre incommensurable. La langue imprègne avec tant de douceur la surface de la page que le non croyant se laisse embarquer sur cette caravelle de l’amour. Une nonne s’aban­donne totalement au verbe comme à la divinité louée. Elle donne forme à ce grand indicible à travers des comparants tout aussi intangibles que leur comparé. La présence de ce Dieu chrétien pourrait alors s’élargir à n’importe quelle expérience épiphanique vécue par quiconque au moins une fois dans sa vie. L’émerveillement se traduit par l’« éclat de cette fleur au soleil », la « blancheur des cimes qui me ravit », le « léger rayon de soleil caché dans cette combe baignée d’ombre encore et de mystère », la « profusion de diamants semés par la nuit qui émaille l’herbe des champs ».
 La relation est quotidienne comme dans un couple où le tutoiement est de mise. Ce « Tu » absolu, « présence d’absence », manque porté en soi et révélation de ce manque, carac­térise l’aspiration d’un être avide de totalité. La divinité est intériorisée dans un élan radical mais dans un certain asservissement, heureux cependant, comme le terme « emprise » le laisse entendre : « Je vis sous l’emprise /de ce chant de silence / plus doux qu’un / murmure de brise. / En moi l’Esprit fait tout, / II ajuste les cordes / et II joue... » Cette emprise est la dépendance à l’Autre dans une passion qui laisse peu d’intervalle libre pour soi.
 C’est seul, dans le silence, parfois l’obscurité, que s’opère la magie de la vie avec la divi­nité renfermant toutes les qualités que l’on voudrait laisser parler en la personne de l’hu­main inscrit dans un absolu, une lumière, un idéal. La prière vient se confondre avec les mots du recueil poétique qui regroupe des poèmes déjà parus sous le titre Le mendiant d’in­fini, et auxquels est venue s’ajouter la continuité de l’échange passionnel, dans la tentation, la tentative, l’approche de soi en communion avec l’Autre. Dans l’expectative, inquiétude et bonheur s’y conjuguent harmonieusement.

L’itinéraire d’une âme
Les Affiches - Moniteur (02/11/2011), par Michel Loetscher

 Le jour de l’Ascension 2001, Max de Carvalho rencontre une « mendiante d’infini », Sœur Catherine-Marie de La Trinité (apparentée à Francis Jammes et Saint-Exupéry), entrée le 2 février 1948 au monastère Notre-Dame-de-Prouilhe, chez les Dominicaines contemplatives. Il venait de découvrir ses poèmes rassemblés en de modestes brochures – et de décider d’en faire un recueil. Ainsi paraît Le Mendiant d’infini (éditions L’Arrière-Pays, 2003), vite épuisé.
 Ce second volume publié par l’Alsacien Gérard Pfister, fondateur des éditions Arfuyen, retrace l’itinéraire d’une âme, s’illumine de lueurs de haïku et s’embrase de l’ardeur d’une foi : « Je suis Sa lyre : est mon chant. »
 Une jeune fille d’autrefois, née Françoise Azaïs de Vergeron à Saint-Cyr-l’École le 3 août 1926, est entrée en religion depuis plus de soixante ans – et dans la clarté d’un livre qui s’effeuille en rafales de vent – celui de la calme évidence de l’esprit qui se dit dans l’effacement de son nom : « Sur la margelle / De mon puits / Je me penche, / Je crois en Ta présence – / Et si je chante, / Ton écho / Me répond / En silence. »
 Dans un Occident dont la « valeur esprit » est mise à mal, il est des êtres qui se gardent dans une qualité de conscience « dif­férente », au large de l’air vicié d’un temps dont les mortifères illusions prédatrices mènent « l’espèce non inhumaine » jusque sur la margelle d’un puits sans fond. Un déli­cat toucher d’âme sur papier préserverait-il de la chute dans ce rien qui nous ronge ?

Le repos inconnu
Colectanea Cisterciensia (04/01/2012), par Geneviève-Marie Fravalo

 Dans une préface de six pages, Max de Carvalho explique comment il a découvert les poèmes de Sœur Catherine-Marie de la Trinité et comment, à la suite d’une rencontre avec cette moniale
dominicaine de Prouilhe, un premier recueil de poèmes, le Mendiant d’infini, a été constitué et édité, en 2003, aux Éditions L’Arrière-Pays. 
 Le repos inconnu reprend les textes qui figuraient dans le précédent recueil, épuisé ; d’autres ont été ajoutés et l’ensemble a été révisé et refondu. Une brève biographie, à la fin du livre, nous apprend que Sœur Catherine-Marie, l’auteur de ces brefs poèmes – parfois presque en forme de Haïku –, apparentée à Francis Jammes et à Saint-Exupéry, est entrée en 1948 à Prouilhe, où elle vit toujours en 2012 et où elle continue à mettre silencieusement la musique des mots au service de la prière.
 Pour rendre compte du contenu de ce livre, qui use généreusement du blanc : une page, un poème si bref soit-il – cinq mots pour tel d’entre eux –, il conviendrait de savoir tisser des mots « simples / comme l’eau » (p. 25), ainsi que le fait Sœur Catherine-Marie qui « marche vers le repos de Dieu » (p. 111), et nous le dit avec des expressions d’une grande sobriété, sous lesquelles nous devinons des psaumes, le Cantique des cantiques ou de courtes phrases des Pères de l’Église. La couverture du livre représente l’abbaye cistercienne de Pairis, dans les Vosges.

Sœur Catherine-Marie de la Trinité s’est éteinte
Monastère de Prouilhe , par ---

Notre sœur Catherine-Marie, s’est éteinte au milieu de ce Grand Sabbat qui avait sa
prédilection comme l’exprime l’un de ses poèmes, relu à son chevet quelques heures avant qu’elle ne passe de ce monde au Père…

« Je suis comblée dans la Pâque du Seigneur ». Cette parole étonnante qu’elle avait dite à l’un de ses chers amis, Max de Carvalho, au moment où il allait éditer chez Arfuyen son recueil de poèmes « Le repos inconnu », voici qu’elle s’est accomplie mystérieusement en ce grand samedi… Parole prophétique de notre sœur qui a cherché tout au long de sa vie de contemplative Celui que son cœur aimait, à travers la nuit, un grand désert et un grand vide…

Route mystérieuse de cette sœur très souvent qualifiée de « mystique », qui aimait la solitude qu’elle trouvait à travers ses longues marches dans la campagne généreuse autour de Prouilhe aussi bien que dans ses longues oraisons matinales, nocturnes, vespérales dans la pénombre de l’église… Elle scrutait l’Ecriture avec assiduité et son Nouveau Testament en témoigne, lui qui était surligné de couleurs différentes qui évoquaient les thèmes suivis pendant ses temps d’étude et de lectio…

Au monastère où elle était entrée après la guerre en 1948 après s’être occupée de ses frères et sœurs à la suite du décès de la Maman, elle avait fait profession le 11 avril 1950. Au cours de sa longue vie, elle y a déployé bien des talents. Si elle avait fait des études de droit dans sa jeunesse, ce n’était pourtant pas là sa prédilection ! Douée d’un tempérament qui entrait difficilement dans un cadre d’observance, elle préférait se laisser guider par l’Esprit qui la conduisait par des chemins inédits !... C’est ainsi qu’elle commença ce qui allait devenir l’atelier de peinture de saints patrons sur céramiques, qui existe toujours.

Elle occupa bien des emplois : panetière, réfectorière, grand échanson ! aide à la cuisine, sousmaîtresse au noviciat... Si elle s’acquittait de ses offices, son regard d’artiste lui faisait inventer des objets à partir d’une souche de vigne, de morceaux de vitraux, de coquillages… et son don pour le commerce lui ouvrait les portes de magasins qui commercialisaient ses productions, ses cartes et ses poèmes illustrés par des dessins à l’encre de chine…

Avant l’incendie du monastère en 1990 elle avait organisé dans le grenier une vaste pièce où elle réalisait de la peinture sur soie d’écharpes et foulards qui avaient beaucoup de succès. Son caractère très entreprenant surprenait parfois ses prieures alors qu’elle avait engagé expositions, ventes sans se soucier d’une autorisation !

Son carnet de relations était vertigineux… Et quand elle tapait sur sa machine à écrire, elle faisait des duplicata au carbone pour envoyer à toutes ses correspondances… Elle a aidé ainsi bien des gens dans la détresse. Car un autre trait de notre sœur était sa sollicitude pour les personnes en difficulté, les pauvres, tous ceux qu’en fille de St Dominique, elle portait « dans le sanctuaire intime de sa
compassion »et qu’elle voulait conduire au Christ…

Au soir de sa vie, en 2010, ne pouvant plus suivre le rythme de la vie régulière, elle intégra la maison de retraite de Fanjeaux à côté du monastère. Cette proximité permit d’abord d’aller la chercher tous les Dimanches jusqu’au jour où elle préféra que nous la visitions dans son nouveau lieu, ce que nous faisions volontiers chaque semaine…

Alors, chacune était accueillie avec ses bras grands ouverts et ce sourire si bon et si large que nous n’oublierons pas… Les membres du personnel qui l’ont soignée et accompagnée au long de ces années, ont été impressionnés de sa vie profonde. Nous leur exprimons ici notre merci pour la qualité de leur humanité, proximité, compétence qui a permis à notre sœur de vivre son quotidien dans la reconnaissance… Les lignes de son ami Max de Carvalho, résument le plus
profond de la vie de notre sœur : « Ses yeux ont tant scruté l’obscur désir de l’âme contemplé, deviné en un éclair le Visage, dans ce cercle de silencieuse solitude où soudain la privation devient trésor, où le dépouillement revêt la lumière, où le froid tisse un habit, la nourriture se désigne par la faim et « source assoiffée d’être bue » rejaillit sans fin, où l’Amour fleurit le désert. »

Pour conclure ces lignes, le dernier mot revient à notre sœur : « Ma mort sera Ton Jour ». Qu’elle contemple éternellement le Visage de cette « Sainte Face » qu’elle voit maintenant face à face et que son intercession garde tous ceux qu’elle a aimés ! Ses obsèques seront célébrées au monastère le jeudi 9 Avril à 14.30 h par son frère Monsieur l’Abbé Bertrand de Vergeron.

PETITE ANTHOLOGIE