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Tu ne mourras pas

Textes choisis et présentés par Anne MarcelPostface de Xavier Tilliette, s. j.

Collection Les Carnets spirituels
n°35, ISBN 2845900570

13,5 €
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Après Louis Lavelle, les Carnets spirituels font place à un autre philosophe contemporain, Gabriel Marcel, ce grand « socratique » du XX° siècle dont l’œuvre et la personnalité exercèrent un considérable rayonnement, à la mesure du relatif oubli où les modes – marxisme, psychanalyse, structuralisme, déconstruction… – ont relégué les grandes figures du personnalisme et de l’existentialisme chrétien.

Le présent ouvrage a été préparé avec l’aide de son fils et sa belle-fille, Jean-Marie et Anne Marcel. Les textes ici présentés sont soit inédits, soit extraits de divers ouvrages aujourd’hui introuvables : Être et avoir, Essai de philosophie concrète, Homo viator, Pour une sagesse tragique et Présence et immortalité

« Aimer un être, c’est lui dire : ‘‘toi, tu ne mourras pas.’’  » Cette phrase de Gabriel Marcel indique la direction de toute sa pensée. Elle donne son titre à ce volume qui tente de rendre accessible en un bref recueil une oeuvre immense et multiforme qui nous donne aujourd’hui la plus belle leçon de liberté.

Sans être si peu que ce soit un marginal de la philosophie comme son ami Gustave Thibon, Gabriel Marcel appartient à la catégorie assez rare des « penseurs privés », qui renoncent à une carrière universitaire pour se consacrer à la réflexion en dehors des servitudes et des sinécures de la profession. 

Gabriel Marcel est le philosophe du dialogue. Enseignant intermittent, il suppléait à l’absence d’auditeurs permanents par des réunions, des entretiens, les fameuses soirées du vendredi, et la fréquence des visites.

Toutefois cette pensée allègre et infatigable ne va pas sans un envers sombre et même tragique que le théâtre met à nu. Elle est une conquête sur le désespoir et sur la défection possible (trahison, suicide), elle échappe à la « trinité maléfique » du technique, du collectif et de l’abstrait.

Elle est fondée sur la grande catégorie de l’épreuve, qui est comme un « jugement de Dieu ». Mais elle ne l’affronte pas sans le viatique de l’espérance et, recours ultime, la vision de la sainteté, dont le visage entrevu du Christ offre le paradigme phosphorescent.