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Jean de la Peyrie, dit
Ambroise de LOMBEZ

Traité de la joie

Préface de Jean Bastaire

SORTIE EN LIBRAIRIE LE 5 NOVEMBRE 2015

Collection Les Carnets spirituels
n°92, 128 pages, ISBN 9782845902220

11 €

Malgré toutes leurs promesses, les religions n’engendrent pas chez leur fidèle une franche gaieté, mais bien souvent culpabilité et intolérance. Le christianisme n’y échappe pas : « Je croirais en leur dieu, raillait Nietszsche, s’ils avaient l’air un peu plus sauvés. » Si le XXIe siècle, selon la fameuse prophétie attribuée à Malraux, doit être religieux ou ne pas être, faut-il qu’il soit celui de la tristesse et de la régression ?

D’inspiration toute franciscaine, le Traité de la joie du capucin Ambroise de Lombez (1708-1778), contemporain de Voltaire (1694-1778) et Rousseau (1712-1778), se propose de nous donner des remèdes à la tristesse. Car « la tristesse trouble l’esprit, et affaiblit le jugement ; elle nous rend soupçonneux, ombrageux, timides, incapables de conduire les autres, et plus encore de nous conduire nous-mêmes. »

Aucun remède n’est donc à négliger : « Promenez-vous par de beaux jours dans des lieux où l’on respire un air pur et où le spectacle de la nature enchante l’imagination et bannit les images sombres et lugubres que des maux réels ou l’humeur mélancolique, plus dangereuse encore, y avaient empreintes. » Mais aussi « si cet exercice du corps ne suffit pas, le dirai-je ? prenez un peu de vin […] Que le plaisir que vous trouverez à user de ce remède, et l’humeur gaie où il vous mettra, ne vous y fasse pas renoncer. » Ou encore : « Si l’usage du vin ne suffit pas encore, ajoutez-y le chant et la musique. »

Le virus de la tristesse rend bête et méchant. En ces temps d’épidémie, le Traité de la joie est, pour les chrétiens et les autres, de salubrité publique. Et cela d’autant plus que le style d’Ambroise de Lombez est plein de charme : « J’écris d’un style simple et familier, pour ne pas perdre du temps à choisir des mots et à les arranger ; ce qui pourrait bien rendre mon style plus exact, mais qui ne rendrait pas mon livre plus utile. »

Le Traité de la joie a été redécouvert par Jean Bastaire (1927-2013), apôtre d’une « écologie chrétienne » très marquée par la spiritualité franciscaine. Il en avait préparé l’édition avant de mourir et écrit la préface. Car il est bien fait, pensait-il, pour contribuer à lutter contre une tristesse qui tend à devenir aujourd’hui dépression collective. D’ailleurs, tout laisse à penser, note Jean Bastaire, que le bon Ambroise de Lombez a personnellement vécu la dépression et c’est en connaisseur qu’il en parle.