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Henry David THOREAU

(1817 - 1862)

Henry David Thoreau naît en 1817 à Concord, Massachusetts, à moins de 100 km du Amherst de sa quasi contemporaine Emily Dickinson (1830-1886). Son grand-père paternel, né à Saint-Hélier (Jersey), est d’origine française. À l’école de Concord, il apprend le latin, le grec mais aussi le français, l’italien et l’allemand.

Entré à l’université Harvard en 1833, il y rencontre son maître et protecteur Emerson. À la remise de son diplôme en 1837, il prononce un discours contre L’esprit commercial des temps modernes. Instituteur à Concord, il refuse d’appliquer les châtiments corporels en vigueur et démissionne. En 1837, il commence son Journal. En 1838, il ouvre chez lui avec son frère une école à la pédagogie révolu-tionnaire qui ferme trois ans plus tard. Avec lui il fait en 1839 le voyage qui inspirera Une semaine sur les rivières de Concord et Merrimack (1849). Son frère meurt en 1842.

En 1844, Emerson achète un terrain autour de l’étang de Walden. Il y vit pendant deux ans en autarcie. En 1846, refusant de payer l’impôt à un État qui admet l’esclavage et fait la guerre au Mexique, il est arrêté et emprisonné une nuit. Il re-tourne vivre chez ses parents et travaille dans l’usine familiale de crayons. Il tient des carnets qui seront la base de ses écrits sur l’histoire naturelle.

Walden paraît en 1854, avec un certain succès. En 1856, il rend visite à Whitman et rencontre l’abolitionniste John Brown. Le jour de son exécution en 1859, il pro-nonce son éloge funèbre. Il publie en 1860 Les Derniers jours de John Brown. En 1861, il voyage dans le Minnesota et la région des Grands Lacs.

Il meurt en 1862 à Concord, à 44 ans. À titre posthume paraissent Les Forêts du Maine (1864) et Cape Cod (1865).

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait H. D. Thoreau

REVUE DE PRESSE

"Ainsi parlait H. D. Thoreau", par D. Smal (La Cause Littéraire)
Didier Smal (23/11/2017), par La Cause Littéraire

« Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité à posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ? »

C’est sur cette question terrible que se conclut l’ultime écrit de Stig Dagerman (1923-1954), ce bref texte comme une déchirure dans les illusions, cette injonction à trouver un sens à la vie loin de toute « fausse consolation », ce Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1955) qui remue les tripes comme peu de textes en sont capables, provoquant une douleur, un désespoir d’une beauté fractale infinie dont jaillit une force existentielle faisant mentir la modernité. […]

De Walden et d’autres textes signés Thoreau, Thierry Gillyboeuf propose une quintessence dans un nouveau volume de la Collection « Ainsi parlait » des éditions Arfuyen. Cette maison d’édition est avant tout dédiée à la spiritualité, alors qu’y fait Thoreau ? Il y trouve sa place, inconfortable et pourtant chérie, parmi ceux qui ont affronté le monde à coups de phrases pétries d’un bon sens en opposition avec l’intellectualisme, avec la mise en coupe de la vie par une logorrhée infernale et un lexique qui pique les yeux (allez-y, lisez Husserl ou Wittgenstein sans aspirine, et racontez en commentaire, qu’on rie un coup), avec la crainte de laisser monter à la surface de l’âme le courage de dire le ressenti profond et sincère de cette vie.

Qu’elle est belle, cette collection « Ainsi parlait » qui ressemble à un cénacle d’amis, un refuge de belles personnes, d’Emily Dickinson à Sénèque, de Thérèse d’Avila à Léon Bloy, et désormais Thoreau. Leur spiritualité est de la plus belle eau, celle qui se fait déluge pour noyer la laideur du monde. […]

Le résultat est beau, et l’envie de citer des morceaux qu’on a cochés d’une croix, qu’on a encadrés, qu’on se propose de mémoriser (mais pourquoi, puisqu’au fond on les ressent, et que la grande élégance de Thoreau est d’avoir su mettre en phrases ce qui gît au fond de nous), est forte. Certains passages, on les a même annotés, on a ajouté un petit commentaire, on a parfois écrit les initiales d’une personne avec qui on vibre, en se disant qu’il fallait qu’on lui en parle. C’est dire si la tentation est forte. Mais comment fait-on pour extraire la quintessence de la quintessence ? On serait ridicule. Qu’il suffise de dire que Gillybœuf a eu la parfaite élégance de montrer la pensée de Thoreau sous toutes ses facettes, tant le rapport à la nature que celui à la politique, et au fond, à l’être humain, celui qui est enfoui en nous, dissimulé sous des couches de modernité. […]

Thoreau ne devrait pas faire partie des lectures obligatoires dans un cadre scolaire, en lieu et place de bien des bêtises contemporaines (je suis prof de français, je vois des âneries passer…) ; il devrait devenir simplement compagnon de route pour chacun d’entre nous. Mieux : nul ne devrait lire ses livres, si chacun se mettait à l’écoute de ses vibrations internes, les vraies, pas les artefacts consuméristes, tant humains que matériels.

En attendant, ce petit volume demande pourtant à être lu et chéri, compendium d’autres volumes signés Thoreau, ou ouverture à son œuvre, peu importe. En tout cas viatique parfait.

[La lecture de Didier Smal dont nous reproduisons ici des extraits a été publiée sur le site La Cause Littéraire le 23 novembre 2017.]