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Diane Perry, dite
TENZIN PALMO

(1943)

Diane Perry est née en 1943 au château de Woolmers Park, où sa famille s’est réfugiée du fait des bombardements de Londres. Elle habite au-dessus de la poissonnerie familiale, dans l’East End.

À la mort de son père en 1945, sa mère reprend la poissonnerie. Son enfance est marquée par de nombreuses maladies.

À 18 ans, un livre lui fait découvrir le bouddhisme. Elle part en Inde comme professeur d’anglais pour de jeunes lamas. En 1964, elle est la 2e femme occidentale à être ordonnée nonne dans le bouddhisme tibétain.

En 1976, elle s’installe dans une minuscule caverne de l’Himalaya où elle reste douze ans à pratiquer la méditation.

En 1988, Tenzin Palmo quitte l’Inde pour des problèmes de visa. Elle s’installe en Italie où elle enseigne le bouddhisme.

En 1993, elle évoque auprès du Dalaï-Lama la condition déplorable faite aux femmes dans les couvents bouddhistes. En 2000, elle fonde dans l’Himachal Pradesh en Inde le couvent de Dongyu Gatsal Ling (« le jardin de la lignée authentique ») dont elle conçoit elle-même l’architecture.

En 2008, elle a reçu le titre exceptionnel de Jetsunma « Vénérable Maître ».

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Trois Enseignements

REVUE DE PRESSE

« Trois Enseignements », de Tenzin Palmo, lu par B. Bouilon (C. Cisterciensia)
Collectanea Cisterciensia , par Brigitte Bouillon

On est toujours ébloui de constater que la présentation d’une tradition spirituelle en un langage précis et sobre puisse rejoindre et toucher les tenants d’une autre tradition. Le présent volume en est un parfait exemple. Si, de plus, l’écriture est légère, le style modeste, très imagé et toujours adressé à l’interlocuteur – « voyez-vous ? », « vous comprenez ? » – comme c’est ici le cas, on se sent vraiment disposé à l’accueil.

L’Auteur, anglaise d’origine, convertie au bouddhisme dès sa jeunesse, vit en Inde, depuis de nombreuses années, en tant que nonne. Elle y a fondé un monastère féminin d’allégeance bouddhique tibétaine, et a reçu en 2008, le titre exceptionnel de « Vénérable Maître ». C’est dire l’orthodoxie de ses enseignements. Toutefois, même s’il n’est pas fait ici référence à la dimension strictement bouddhiste de ses propos, nombre de ses réflexions et conseils, constitutifs de la « pratique » bouddhiste, touchent tout chrétien, moine ou laïc, et même toute femme ou tout homme désireux d’une authentique vie humaine. Voici ce qui retient notre attention.

Tout d’abord son insistance sur l’envahissement constant de toute démarche par notre ego, y compris dans la quête spirituelle. Or, de cette dernière il ne faut pas chercher à « tirer un profit » (p. 29), mais la mener sans « vouloir réussir […] obtenir quelque chose ». Ces attentes constituent « des barrières énormes » (p. 17). D’où la longue patience et la persévérance nécessaires pour tout simplement « trouver plaisir à la pratique ». Un autre point sur lequel insiste l’Auteur est le manque de présence à ce que nous vivons, qu’il s’agisse de la corvée de la vaisselle ou de la convivance de choses agréables. Très vite nous nous évadons, « nous ne sommes pas là, nous ne le vivons pas ». […]

Autre domaine, le « lâcher ». De quoi s’agit-il ? « Toute la question du lâcher, c’est de ne pas l’agripper. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas posséder des objets et y prendre plaisir. C’est un fait très important » (p. 48). De même l’émotion se doit d’être accueillie, mais sans devenir « collante ». On pourrait aussi parler de simplicité : « La plupart d’entre nous sommes puérils, mais nous ne sommes pas comme des enfants » (p. 93), ou même d’austérité, dont l’Auteur nous dit : « La véritable austérité, c’est d’être patient avec les autres » (p. 97). […]

Dès l’introduction, l’Auteur précise que ses propos « ne sont pas seulement des paroles qui stimulent l’intellect ou satisfont le sentiment, mais un enseignement qui puisse être mis en pratique et encourager les auditeurs à tenter de se venir en aide à eux-mêmes ainsi qu’aux autres » (p. 17). Dans ce premier enseignement, elle ajoute : « Comprenez que ceci est très, très important. Toute pratique que nous entreprenons est destinée à aider l’esprit à se transformer pour que nous puissions réellement aider les autres » (p. 23).

N’aurions-nous pas là une des réponses possibles à la question que nous nous posons tous, face à l’avenir de notre planète : qu’est-ce qui caractérise l’humain ? Ne serait-ce pas simplement cette aptitude à tenter de s’aider soi-même pour aider les autres… à vivre ?

[La lecture de Brigitte Bouilon dont nous reproduisons ici des extraits a été publiée dans le « Bulletin de spiritualité monastique »2016/3 de la revue Collectanea Cisterciensia, n° 78, 2016].