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Johannes ECKHART

Sur la naissance de Dieu dans l’âme

Sermons 101 à 104

Préface de Marie Anne-Vannier Traduit du moyen haut-allemand par Gérard Pfister

Collection Carnets Spirituels n°27, ISBN 2845900457

18 €
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 Écrits en moyen haut-allemand, les sermons 101 à 104 viennent tout juste de faire l’objet de leur édition critique en allemand. D’une authenticité désormais parfaitement établie, ils ont la particularité remarquable de s’enchaîner en une suite parfaitement homogène, constituant ainsi un petit traité dont le thème unique est la naissance de Dieu dans l’âme.
 Il s’agit, on le sait, de l’un des thèmes centraux de la pensée eckhartienne, mais nulle part ce thème n’est développé d’une manière aussi suivie et structurée qu’ici C’est pourquoi, plus encore que les Traités déjà connus, cet ensemble est appelé à devenir l’un des grands classiques de l’œuvre de Maître Eckhart. La structure de cet ensemble est forte et simple.
 Inspiré du livre de la Sagesse (18, 14), le Sermon 101, « Au milieu du silence », commence ainsi : « Voici que nous entrons dans le temps de la naissance éternelle, par laquelle Dieu le Père a engendré et sans cesse engendre pour l’éternité, afin que cette même naissance se produise aujourd’hui dans le temps dans la nature humaine. Que cette naissance se produise toujours, dit saint Augustin, à quoi cela me sert-il si elle ne se produit pas en moi ? Qu’elle se produise en moi, c’est cela qui importe. » 
 Partant de Matthieu 2, 2, le Sermon 102 poursuit le même questionnement « ‘‘Où est-il, le Roi des Juifs qui vient de naître ? ’’ À présent, observez cette naissance : où se produit-elle ? Je dis, comme je l’ai déjà expliqué plus au long, que cette naissance éternelle se produit dans l’âme de l’exacte manière où elle se produit dans l’éternité : ni plus ni moins. » 
 Le sermon 103 adopte l’angle de Luc 2, 49 : « ‘‘Il est nécessaire que je sois dans les choses qui sont à mon Père.’’ Cette parole nous vient juste à point pour le discours que nous devons tenir sur la naissance éternelle, qui vient de se produire dans le temps et chaque jour encore se produit dans le plus intime et le fond de l’âme, sans aucune interruption. »
 Enfin, rebondissant sur Luc 2, 42, le Sermon 104, « La montée à Jérusalem », termine ce petit traité sur une belle image : « C’est pourquoi attends seulement cet hameçon et avec bonheur tu seras pris, et plus tu seras captif, plus tu seras libéré. Afin que nous soyons ainsi captifs et libérés, que nous vienne en aide Celui qui est Lui-même l’Amour. »