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Dominique STERCKX

(1932)

 Après ses études de philosophie au Séminaire d’Issy-les-Moulineaux, et deux ans de service militaire en Tunisie, Algérie, Maroc, il est entré chez les Carmes déchaux de la Province de Paris où il a poursuivi ses études de théologie.
 Pendant plusieurs dizaines d’années il a exercé des responsabilités de formation ou de gouvernement et a étudié la tradition du Carmel dans ses grands témoins, Thérèse d’Avila, Jean de la Croix et Thérèse de l’Enfant Jésus en les faisant connaître dans des retraites et des sessions d’étude.
 On lui doit une importante étude de la Règle du Carmel, sous le titre la Règle du Carmel, Structure et Esprit.
 Les Editions Arfuyen ont publié dans Thérèse de Lisieux, Une petite voie toute nouvelle, son commentaire de plusieurs lettres essentielles de la sainte du Carmel. 
 Avec Charles Juliet et Claude Vigée, il a donné dans Etty Hillesum, la fiIle qui ne savait pas s’agenouiller, une lecture personnelle des huit prières d’Etty Hillesum. 
 Il a préfacé Le Silence de Joseph, de Marie de la Trinité et donné sur cette grande dominicaine deux articles de fond dans la revue Carmel.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Une petite voie toute nouvelle

Etty Hillesum, « histoire de la fille qui ne savait pas s’agenouiller »

Le Silence de Joseph

REVUE DE PRESSE

In memoriam Etty Hillesum
Dernières Nouvelles d’Alsace (07/02/2007), par Nathalie Chifflet

Un petit mémorial d’Etty Hillesum, aux éditions Arfuyen, associe Dominique Sterckx, Claude Vigée et Charles Juliet : trois lectures du chemin d’intériorité de cette bonté native au coeur infernal de la Shoah.
 
Bien longtemps après la publication de l’oeuvre diariste d’Anne Frank, connue dès l’immédiat après-guerre, paraissait, au début des années 1980 aux Pays-Bas, le journal intime d’Etty Hillesum, une jeune fille juive d’Amsterdam, morte à Auschwitz en 1943, à 29 ans, Une Vie bouleversée. Le Seuil, qui le publia en français en 1985, lui adjoignit, dix ans plus tard, les Lettres de Westerbork écrivant la « détresse criante » de ce camp de concentration néerlandais, « les nuits atroces, entassés à plusieurs sur les châlits de fer, des nuits sans sommeil à écouter les enfants qui pleurent, à ressasser la même question : pourquoi ne reçoit-on à peu près aucune nouvelle des milliers et des milliers de gens qui sont partis d’ici ? ». Etty Hillesum l’avait su, elle s’y préparait avec l’aide de Dieu : « Bien sûr, c’est l’extermination complète ! Mais subissons-la du moins avec grâce. »
 Une Vie et les Lettres sont à la fois rangés à la documentation de l’histoire, à la littérature et à la foi. C’est à ces deux derniers aspects de l’oeuvre diariste et épistolaire d’Etty Hillesum, qui cria le miracle de la vie jusqu’au bord du précipice, que se consacre le petit mémorial que lui dédient les éditions Arfuyen, en leur collection des Cahiers spirituels. C’est un ouvrage collectif, dont il ne faudra pas craindre de distorsion exégétique : sous le titre Etty Hillesum, histoire de la fille qui ne savait pas s’agenouiller, il donne lecture très personnelle, et ainsi assumée, de ce destin qui s’en remet à Dieu quand la nuit gagne sur le jour.

 Le Père Dominique Sterckx analyse le développement de la conscience religieuse et l’expérience de Dieu d’Etty Hillesum, à l’aune de huit de ses prières. Un cheminement mystique, qui va de pair avec un quiétisme abyssal et une immense compassion, un altruisme radical et une droiture insoutenables en ce moment génocidaire. Singulière quête d’un bonheur spirituel au pire moment d’un destin juif qui l’accable !

Claude Vigée lit avec émotion ces lignes perturbantes écrites avec le feu et le sang en temps d’apocalypse, et conçoit que la quête de béatitude et de beauté menée au coeur même de ces ténèbres puisse être considérée avec scandale. Mais ce message d’amour à la fois humain et divin, « ce cri de fidélité inconditionnelle à la vie crânement assumée », au fond de l’abîme de la Shoah, tout cet excès faisant coïncider les puissances de l’esprit et des sens, ce sont là, dit-il, « les qualités majeures d’un écrivain ». « L’art poétique » que Vigée reconnaît à Etty Hillesum se confond, note-t-il, « avec celui de survivre au-delà du présent mortifère grâce au don de sa parole ». 

 « Etty était un véritable écrivain », s’écrit Charles Juliet en son hommage qui clôt ce petit mémorial. Du jour où il lut pour la première fois Une Vie bouleversée, Etty Hillesum est devenue son amie, et cette amie ne l’a plus quitté, qui « avive en nous ce que nous avons de meilleur ». Une vie bouleversée, en effet.