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Gabrielle ALTHEN

Soleil patient

SORTIE EN LIBRAIRIE LE 11 JUIN 2015

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n° 225, 142 pages, ISBN 9782845902183

14 €

En cette année 2015 qui marque leur 40e anniversaire, les éditions Arfuyen publient Soleil patient de Gabrielle Althen, premier ouvrage de cet auteur dans leur catalogue. Voici de nombreuses années pourtant que les chemins des éditions n’ont cessé de se croiser avec ceux de la résidente du Barroux, à quelques km de la montagne d’Arfuyen, dans le Vaucluse.

« Un mot / Pour attirer la foudre / Dans le gris sans éperons du moment / Le mot arrive / Puis il nous dévisage / – Nous / Le beau troupeau de bêtes – / La liberté qui regarde autre part / Accentue ses égards. » Ainsi commence le livre de Gabrielle Althen. Et les derniers vers du derniers texte sont ceux-ci : « As-tu vécu ? demande le poème / Qui donc entend ce timbre ? / Et l’été crisse autour de ta frayeur / La chair y parle entre l’ordinaire et l’éclat / Du feu s’y insinue comme une hésitation / Il y faudra de l’eau / Du vin / Du sang ! »

Ce livre, précise l’auteur dans le texte qu’elle offre au lecteur en guise de de postface, voudrait évoquer un trajet : « Un trajet qui aille du gris, peut-être erroné, du moment à quelque visite furtive du meilleur. » Ce trajet comporte trois étapes : « Trouver manque », « Falloir », « Le troisième jour ».

Curieux titre, en vérité, que celui de la première partie : « Trouver manque ». Gabrielle Althen en donne cependant l’explication : « Trouver manque, indique-t-elle, était une expression de ma mère. Bretonne, transplantée en Algérie, elle pouvait dire qu’elle trouvait manque des ciels mobiles de sa Bretagne natale. » Elle ajoute : « Dans le paradoxe qu’elle institue entre le fait de trouver et celui de manquer, possède un caractère actif qui me touche. Il y a une initiative dans trouver manque. »

Telle est la langue de ces poèmes, à la fois familière et solennelle : proche du réel dans sa plus humble quotidienneté et sans cesse ouverte sur le mystère de notre condition. D’étranges visions se font et se défont, dans des lieux qui sont les nôtres et bien différents pourtant : « Des anges à manteaux bleus nouent des cordes sur les monts / Répétait hébété le patron de ce bar / On prendra ça pour harmonie / Les villes sont hilares / Et voilà l’harmonie ! / Les hommes sont fous je sais / Et ils promènent ensemble leur folie / Dans la grand-rue qui ne mène pas à la montagne. »

Sans que nous y prenions garde, les anges aux manteaux bleus et les patrons de bar habitent le même monde. Un seul regard, un seul, et tout change : « Une autre chance, écrit Gabrielle Althen dans la postface, se profile pourtant ici. Ni la littérature, ni la poésie, ni la vie ne procèdent de façon quantitative. Un entrebâillement donnant sur le meilleur leur suffit. La surprise d’un instant peut équilibrer des années aussi bien que des pages. »