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Johannes Scheffler, dit
Angelus SILESIUS

(1624 - 1677)


Johannes Scheffler est né en 1624 à Breslau en Silésie (aujourd’hui la ville polonaise de Wroclaw). Scheffler se fait inscrire en 1643 à l’Université de Strasbourg, puis à l’Université de Leyde en 1644, enfin à l’Université de Padoue en 1647. Il lit Böhme, Tauler, Ruysbroeck et peut-être Eckhart. En 1648, il reçoit le titre de docteur en philosophie et médecine.
De retour à Breslau, il entre en contact avec les cercles mystiques et devient en 1649 médecin du prince de Öls.
En 1653, il se convertit au catholicisme sous le nom de Johannes Angelus et vit durant trois ans dans la retraite. En 1654, il devient médecin à la cour impériale de Ferdinand III. En 1657 paraissent un premier livre d’aphorismes et un recueil de poèmes, La sainte joie de l’âme.
Silesius est ordonné prêtre en 1661 et commence une intense activité polémique contre les luthériens. En 1675 paraît une nouvelle édition de L’Errant chérubinique augmentée d’un sixième livre. Il meurt en 1677.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

La rose est sans pourquoi

1re éd.


La rose est sans pourquoi

2° éd.


L’errant chérubinique

1re éd.


Un Chemin vers la Joie

L’errant chérubinique

REVUE DE PRESSE

Un Chemin vers la Joie
La Lettre de Ligugé (04/01/2006), par Lucien-Jean Bord

 Les éditions Arfuyen avaient déjà publié en 1993, sous la responsabilité de Roger Munier et sous le titre L’Errant chérubinique, un choix des plus beaux textes du Cherubinischer Wandersmann d’Angelus Silesius.
 Cette œuvre majeure de Johannes Scheffler (1624-1677), ne comporte pas uniquement des écrits développés et ce nouveau choix de très courts textes (en fait des distiques rimés) qui nous est proposé nous permet d’approfondir la pensée de ce médecin mystique (mais aussi docteur en philosophie), converti au catholicisme en 1653 et ordonné prêtre en 1661.
 On rencontrera, tout au long de ces pages, l’influence de Maître Eckhart et de Böhme, mais aussi celles de Ruysbroeck et de Tauler, dans un parcours rigoureusement trinitaire qui mène l’âme vers sa joie.
 Encore un mot, merci à Gérard Pfister pour cette édition bilingue qui nous permet d’apprécier à la fois la profondeur de la pensée et la beauté de son expression.
 

Un chemin vers la Joie
Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques (10/01/2010), par Jean-Pierre Jossua

La traduction d’Angelus Silesius par Roger Munier surclasse toutes les autres. Mais elle est partielle, à la différence de celles de H. Plard, E. Susini, N. Renouard, dont la réussite poétique est moindre. Gérard Pfister, jugeant que le choix de Munier revêtait un caractère plus philosophique et littéraire, a voulu offrir un florilège complémentaire plus théologique et spirituel. Aussi le fait-il précéder d’une introduction mettant en évidence le phylum mystique auquel Le Pèlerin chérubinique se rattache : Tauler, Ruysbroeck, mais également Eckhart et Boehme, dont Johannes Scheffler se garde bien de mentionner la paternité.

De même, l’éditeur ne donne pas les distiques dans l’ordre des six livres, mais selon un plan systématique destiné à faire découvrir le chemin que l’auteur invite à parcourir : entre un « Prologue » et un « Épilogue », on découvre « La naissance par l’Esprit », « La vie dans le Christ », et « L’union avec Dieu » qui est le terme de l’itinéraire selon les Rhénans. La traduction est parlante et précise ; comment pourrait-elle retrouver le ton propre à Scheffler et inséparable de sa langue ?

PETITE ANTHOLOGIE

L’errant chérubinique
traduit par Roger Munier
(extraits)

C’est en soi qu’on entend la Parole
Qui se tient en soi-même entend la Parole de Dieu
(Nie-le si bon te semble) hors même temps et lieu.

Dieu sans moi ne peut rien
Dieu sans moi ne peut faire un simple vermisseau ;
Si je ne le maintiens avec Lui, c’est sa ruine.

L’un soutient l’autre
Dieu tient à moi autant que Lui m’est nécessaire,
Je L’aide à soutenir son être et Lui le mien.

L’image de Dieu
Je suis de Dieu l’image ; s’Il veut se regarder,
Il ne le peut qu’en moi ou en qui me ressemble.

L’un est dans l’autre
Je ne suis hors de Dieu, ni Dieu n’est hors de moi ;
Je suis son lustre, sa lumière, Il est ma gloire.

L’âme vient de Dieu
L’âme est une flamme issue de Dieu, l’éclair ;
Que ne fait-elle donc à Lui retour ?

Dedans est la bonne demeure
L’esprit de mon esprit, et de mon essence, l’essence,
C’est ce que j’ai choisi pour être ma demeure.

Tourne vers toi tes rayons
Ah ! Que mon âme seulement ramène à soi ses flammes,
Bientôt elle sera avec l’éclair, éclair et un.

Le luth de Dieu
Un coeur pour Dieu calme en son fond, comme il le veut,
Il aime à en toucher, car ce coeur est son luth.

L’âme hors de son origine
Étincelle hors du feu, goutte hors de la mer,
Homme, que peux-tu donc être sans ton retour ?



Un Chemin vers la Joie
traduit par Gérard Pfister
(extraits)

L’oisillon spirituel
Mon corps est une coquille où l’esprit couve
L’oisillon pour qu’il éclose à l’éternité.

Ce qui est extérieur ne me console pas
Que me sert, Gabriel, que tu salues Marie
Si tu ne me portes à moi aussi même nouvelle ?

Mortification imparfaite
Si ceci ou cela te trouble et te tourmente encore,
Tu n’es pas tout entier au tombeau avec Dieu.

C’est au-dedans qu’on prie vraiment
Tu veux savoir ce que prier veut dire :
Entre en toi et demande à l’Esprit !

Corps, âme, Déité
L’âme est cristal, la Déité lumière,
Et ce corps où tu vis, leur écrin.

Aimant et acier spirituels
L’aimant, c’est Dieu, et mon cœur est l’acier.
Qu’il le touche une fois, à jamais il va vers Lui.

Tous les sens au-dedans n’en sont qu’un
Dans l’esprit tous les sens n’en sont qu’un :
Qui voit Dieu le goûte et le sent, le touche et l’entend.