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Jean Duvergier de Hauranne, Abbé de
SAINT-CYRAN

(1581 - 1643)

Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, théologien et écrivain français, est né à Bayonne en 1581 et mort à Paris en 1643.

Ordonné prêtre en 1618, il rencontra en 1620 le cardinal de Bérulle qui le détourna des ambitions mondaines.

Il prit en 1636 la direction spirituelle de l’abbaye de Port-Royal.

Renommé pour ses connaissances théologiques et son austérité morale, héritier spirituel de Bérulle, proche de l’opposition à Richelieu, il fut arrêté et emprisonné à Vincennes en 1638.

Il ne fut libéré qu’à la mort du Cardinal et mourut cinq mois plus tard .

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Lettre à un gentilhomme

PETITE ANTHOLOGIE

Lettre à un gentilhomme
(extraits)

 (...) Je suis en vous écrivant le mouvement où je me trouve, sans autre dessein que de me revancher de votre courtoisie en la reconnaissant de plus en plus.
 C’est pourquoi je fais ce que je puis pour vous détourner autant des mauvaises opinions que des mauvaises voies, afin que si le lieu où je suis m’empêche de contribuer davantage à votre vrai bien, auquel je suis aussi attaché qu’au mien propre, Dieu qui ne regarde les effets, les efforts et les services extérieurs que dans la bonne volonté, ait égard s’il lui plaît, puisqu’il me l’a donnée avec une si grande reconnaissance que je ne la puis exprimer telle que je la ressens.
 J’ose espérer qu’il y suppléera par sa grâce et qu’il fera de vous et de ces bons mouvements qu’il vous a donnés ce que j’en voudrais faire moi-même si j’étais digne d’être le moindre de ses instruments par la seule parole, par laquelle il fait quelquefois en peu de temps de grandes merveilles en quelques âmes qui ont vécu toute leur vie dans l’ignorance de sa grandeur.
 Je ne sais quel rang et quelle qualité il faut que j’aie auprès de vous à l’avenir. Je n’ose penser à prendre celle de Directeur s’il ne me la donne plus clairement et d’une telle sorte que je ne la puisse refuser sans l’offenser, bien que me flatte un peu en ce qu’il m’obligera toujours, quoi qu’il arrive, d’être le moindre de vos serviteurs. Mais je ne saurais m’empêcher de vous dire, m’y trouvant engagé de sa part par le bon mouvement qu’il vous a donné pour moi, que si vous avez dessein de vous employer sincèrement à servir Dieu, vous le serviez de tout votre cœur.
 Plusieurs se trompent dans le service qu’ils prétendent lui rendre, parce qu’ils ne se sont pas acquittés de leur devoir dans cette recherche sincère qu’il faut faire de Dieu et de sa voie pour entreprendre de le servir. J’en parlerai le plus brièvement que je pourrai pour nous donner quelque instruction, non comme un Pasteur et un Guide des âmes, qui est obligé de le faire par sa charge, et qui l’entend, mais comme un serviteur très humble, que la charité pousse à dire ses sentiments à une personne qu’il aime et qu’il honore beaucoup, pour l’empêcher de s’égarer dans un voyage qu’il a commencé à faire devant lui, étant plus avancé en âge. (...)