• Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Biographie Bibliographie Liens Revue de Presse Petite Anthologie

PROCLUS

(412 - 485)

 Le philosophe néoplatonicien Proclus était originaire de Xanthos en Lycie. Les dates du sa vie sont connues au jour près : d’après son horoscope, il naquit le 8 lévrier 412, et Marinus, son successeur, dans son éloge funèbre, donne la date de sa mort, le 17 avril 485.
 Son père était avocat et lui fit étudier à Alexandrie la rhétorique, le latin et le droit. Mais Proclus se tourna vers la philosophie et partit pour Athènes. Il étudia avec Plutarque jusqu’à la mort de ce dernier (432), ensuite avec Syrianus il parcourut le cycle normal des études philosophiques, basé sur une lecture raisonnée des traités d’Aristote et des dialogues de Platon. De plus, il commença avec Syrianus un cours sur la théologie des poèmes orphiques.
 Il est probable que Syrianus mourut vers l’année 437, puisque Proclus, dans son commentaire sur le Timée, composé en 439, parle de lui comme ayant déjà disparu. Proclus qui avait été choisi par Syrianus pour être son successeur, devint immédiatement chef de l’École philosophique. Ses contemporains lui donnaient le titre officiel de « diadoque (c’est-à-dire successeur) de Platon ». Proclus a donc animé l’École platonicienne d’Athènes pendant plus de quarante-cinq ans.
 Proclus fut essentiellement un professeur. On comprend que Proclus ait pu produire une oeuvre immense, fruit de son enseignement. Mais il devint également un théoricien de la théurgie et la fille de Plutarque, Asclipégéneia, lui enseigna les rites théurgiques. Ainsi initié, Proclus commença à proférer des oracles sur sa propre destinée. Dans sa quarante-deuxième année, il se vit en train de crier ces vers-ci : Mon âme, exhalant une force de feu, a touché au but ; / Déployant son intellect, elle s’élance dans un feu tourbillonnant / Vers l’éther et fait éternellement vrombir les cercles étoilés,
 Proclus voyait donc son âme s’élever progressivement à travers le ciel vers les dieux intelligibles et le premier dieu. Il apprit qu’il appartenait à la chaîne d’Hermès et que son âme était celle du pythagoricien Nicomaque. D’autre part, grâce à l’intercession d’Asclépius, Proclus put guérir miraculeusement une petite fille.
 À Athènes, Proclus vivait en bonne intelligence avec tous ses concitoyens. Il assistait aux assemblées, y intervenait, contribuait de ses deniers au bien public. Pourtant, il dut s’exiler volontairement pendant une année, pour échapper à la malveillance des autorités chrétiennes. Mais, lorsque ces mêmes autorités firent transporter à Constantinople la statue d’Athéna, la déesse apparut à Proclus pour lui dire : "Dame Athéna désire habiter chez toi". La dévotion de Proclus envers Athéna était intense. C’est à elle qu’il attribuait le succès de toute son activité intellectuelle.
 Après ses soixante-dix ans, Proclus s’affaiblit. Il n’écrivait plus, il conversait avec ses amis. Sa succession était ouverte. Elle revint à Marinus.
 Proclus mourut en 485. On l’enterra dans le faubourg oriental d’Athènes, au pied du Lycabette. Sur sa tombe est gravée cette épigramme de quatre vers, qu’il avait composée pour lui-même :
 Moi, Proclus, Lycien de naissance, Syrianus ici
 M’a nourri pour lui succéder dans son enseignement ;
 Le tombeau commun que voilà a reçu nos deux corps :
 Puisse un unique séjour accueillir nos âmes aussi.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Hymnes et prières

Hymnes et prières

PETITE ANTHOLOGIE

Hymnes et prières
traduit par Henri D. Saffrey
(extraits)

 Prière au Premier Dieu

 Eh bien, allons, – c’est l’occasion ou jamais – rejetons lesconnaissances multiformes, et bannissons de nous-mêmes toute la diversité de la vie de l’âme, et parvenus à la tranquillité de
toutes nos facultés, approchons-nous de la cause de tout ; et qu’il n’y ait pas en nous seulement la tranquillité de l’opinion et de l’imagination, pas seulement l’apaisement des passions qui empêchent notre élan vers le haut pour atteindre le premier principe, mais que l’atmosphère soit paisible et tout le monde d’ici-bas en paix : que toutes choses enfin par l’effet d’une force
sereine nous élèvent à la communion avec l’ineffable. Après nous être tenus là-haut immobiles et dans notre course avoir dépassé l’intelligible, si toutefois il y a quelque chose en nous de
cette nature-là, après nous être prosternés comme devant le soleil levant, les yeux fermés (car, pas plus qu’à aucun des autres êtres, il ne nous est permis de le fixer en face), après avoir vu donc le soleil de la lumière des dieux intelligibles sortir de l’océan, comme disent les poètes, et ensuite après être descendus de cette quiétude toute remplie de dieu jusqu’à l’intellect, mettant alors en oeuvre les ressources de l’intellect, rappelons en nous-mêmes, à l’aide des raisonnements de l’âme, au delà de quels êtres nous avons posé le premier dieu comme transcendant au cours de ce voyage. (...)

 Hymne aux dieux des Oracles chaldaïques

 Écoutez-moi, Dieux tenant le gouvernail de la sainte sagesse, vous qui, ayant allumé le feu qui entraîne dans les hauteurs, attirez vers les immortels les âmes des mortels qui, purifiées par les ineffables mystères de vos hymnes, abandonnent la caverne ténébreuse.
 Écoutez-moi, Grands Sauveurs, et accordez-moi, la tirant de livres sacrés, une lumière pure, en dissipant le brouillard pour que je puisse distinguer entre un dieu immortel et un homme.
 Que jamais un démon malfaisant ne me tienne soumis aux flots de l’oubli, loin des bienheureux, et que jamais une déesse punisseuse qui glace d’effroi, ne retienne dans les liens de la vie d’ici-bas mon âme tombée dans les flots de la génération, qui font frissonner de froid, elle qui ne veut pas continuer trop longtemps sa course errante.
 Eh bien, Dieux, chefs souverains de l’éblouissante sagesse, écoutez-moi et, à celui qui se hâte sur le sentier qui porte vers les sommets, révélez les rites et les mystères, transmis par les paroles sacrées.