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Maria Ângela ALVIM

Poèmes d’août

Poemas de Agosto, et autres poèmes

Traduit du brésilien et présenté
par Magali et Max de Carvalho
Bilingue brésilien-français

Collection Ombre
n°2, ISBN 2-908-82577-5

14,48 €

Lorsque paraît en 1950 Surface, l’unique recueil que Maria Ângela Alvim publiera au cours de sa brève existence, le grand écrivain brésilien Carlos Drummond de Andrade salue en termes élogieux cette naissance. Soulignant la discrétion du titre, il observe que les poèmes, faits de « notations limpides, fugitives et exactes », n’en portent pas. Comme pour marquer, précise-t-il, une « absence d’aspiration à une existence propre ». Manque inaugural, défaut initial.

Cette faille essentielle, la terrible suite des Poèmes d’août l’amènera à son ultime degré, cet « art du manque, le plus sûr », elle le portera à une exceptionnelle acuité qui signe l’appartenance d’Alvim à cette grande famille spirituelle où elle a pour soeurs Alejandra Pizarnik et Cristina Campo.

Les rares photographies connues de Maria Ângela montrent une jeune femme ravissante. Elle parle admirablement des poètes, avec une ferveur qui n’a d’égale que sa pénétrante lucidité. Rilke trône dans ce firmament, ainsi que quelques aînés de langue portugaise (Sa-Carneiro, Pessoa...). Dans ce Brésil de l’après-guerre mondiale, elle a distingué aussitôt l’importance de Simone Weil, avec qui elle a une profonde affinité. 

En 1959, Drummond de Andrade salue la mort d’Alvim par ces mots : « Maintenant tu ne seras plus jamais hors du monde, ou cachée en lui. Maintenant je sais que ton nom était Quête et Passage. Il est des êtres nés pour chercher et passer, gardiens d’une promesse perpétuelle, rose ouverte dans le rien. »

La présente édition réunit pour la première fois en français des poèmes extraits de l’ensemble des recueils laissés par l’auteur (soit plus des deux tiers de l’oeuvre), sous le signe de la nuit obscure des Poèmes d’août, intégralement reproduits ici. 

« Long dialogue avec la folie, questions lancées au-devant de cette figure déformée, ces poèmes, font entendre une voix authentique et douloureuse » (Patrick Kéchichian, Le Monde, 7.12.90).