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Luigi PIRANDELLO

(1867 - 1936)

 Luigi Pirandello est né en 1867 à Girgenti en Sicile (aujourd’hui Agrigente).
 Sa mère était issue d’une famille qui avait pris part aux luttes contre les Bourbons et pour l’unité italienne. Son père avait été un fidèle de Garibaldi.
 En 1880 sa famille, victime d’une escroquerie, tombe dans la gêne et est contrainte de déménager à Palerme, puis en 1885 à Porto Empedocle.
 Après des études secondaires à Palerme, Luigi Pirandello fréquente l’Université de Droit et de Lettres de cette ville où il fait la connaissance de plusieurs futurs dirigeants fascistes. Il s’inscrit ensuite à l’Université de Rome. En 1889, il publie son premier recueil de poèmes, Mal giocondo.
 A la suite d’un incident avec un professeur de l’Université, il décide d’aller poursuivre ses études à Bonn en Allemagne. Il y écrit les poèmes rassemblés dans Elegie renane et Pasqua di Gea.
 Mariage en 1894. Trois enfants naîtront. La même année publie un premier recueil de nouvelles, Amori senza amore (Amours sans amour).
 A partir de 1897 enseigne la littérature italienne à l’Istituto Superiore di Magistero.
 En 1901 paraît son premier roman, L’esclusa (L’excluse). En 1902, Il Turno (Chacun son tour).
 A la suite de graves difficultés d’argent, il semble penser au suicide. Cette expérience donnera naissance en 1904 à Il fu Matthia Pascal (Feu Mathias Pascal), son premier succès littéraire.
Il publie en 1908 deux essais, L’umorismo et Arte et scienza, qui lui valent une longue polémique avec Benedetto Croce.
 En 1910 sont représentées pour la première fois au Teatro Metastasio de Rome deux de ses pièces de théâtre, La morsa (L’étau) et Lumie di Sicilia (Figues de Sicile).
Sa mère meurt en 1915. En même temps, la maladie nerveuse de sa femme s’aggrave. Son fils Stefano est envoyé au front et est fait prisonnier.
 En 1917, première représentation de Cosi è (se vi pare) (Chacun sa vérité) à Milan et de Il piacere dell’onestà (La volupté de l’honneur) à Turin. En 1921, Sei personaggi in cerca d’autore (Six personnages en quête d’auteur) à Rome.
 L’année suivante, Enrico IV (Henri IV) à Milan et Vestire gli ignudi (Vêtir ceux qui sont nus) à Rome. L’uomo dal fiore in bocca (La fleur à la bouche) est représenté pour la première fois à Rome en 1923.
 Le succès international de son théâtre oblige Pirandello à effectuer de nombreux voyages. Il reçoit en 1934 le Prix Nobel de Littérature.
 Ses dernières années sont très fécondes. Il laisse une dernière pièce, I giganti della montagna (Les géants de la montagne), inachevée.
 Il meurt le 10 décembre 1936.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Poèmes

PETITE ANTHOLOGIE

Poèmes
traduit par Gérard Pfister
(extraits)

Ronde

Les brindilles, les débris du chemin
exposés à la merci du marcheur
ont eux aussi dans le monde
leur bref instant d’allégresse :
passe un souffle de vent qui les fait tournoyer ;
on dirait des enfants qui font une ronde.


Crépuscule

Le ciel à l’horizon se barre de feu
lentement au crépuscule le soleil se retire.

– Ô toi qui forces les portes du mystère,
regarde ! Il laisse ici les ténèbres,
là-bas d’un jour nouveau il porte la lumière.

Qui sait, peut-être la mort est ainsi.
`

Approche

Et enfin me voici au port. Dans les yeux
me reste encore une affreuse stupeur, une vision
effrayante, la terreur de la tempête ;
elles s’évanouiront dans la calme lumière.

Cependant il est sûr que je suis sauf, au port.
Usé, mais sauf. C’est une rive aride
et peu aimable que celle-ci, il est vrai ;
mais l’onde vers elle aurait pu me porter mort.

Tout le trésor que j’avais avec moi, la mer l’a pris.
Et de même engloutie repose la personne
qui m’était la plus chère, je n’ai pu la sauver :
ombre elle me suivra, sans jamais de pardon.

Pourtant j’ai vaincu la tempête et me voici au port ;
je sais les fortunes du voyage obscur :
maître de moi, je ne veux plus me donner
et je connais ma froide volonté.