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Helena PAZ

(1948)

 Helena Paz est née à Mexico le 12 décembre 1948.
 Elle est la fille de Octavio Paz, Prix Nobel de Littérature, et de la grande romancière Helena Garro, auteur notamment de Los recuerdos del porvenir (Joaquim Mortiz, 1963), traduit aux Editions Stock sous le titre Souvenirs de l’avenir.
 Un an après sa naissance, ses parents s’établissent à Paris.
 Elle commence dès l’âge de 6 ans à écrire en langue française. Près de la moitié des textes ici publiés ont été écrits alors qu’elle n’avait pas encore 10 ans.
 En 1960, elle part avec ses parents pour le Japon où elle est inscrite pendant un an à l’école américaine. Ce séjour la marquera d’une profonde empreinte.
 De retour à Paris, elle passe son baccalauréat en 1965, à 16 ans.
 Cette même année, elle revient pour la première fois au Mexique dont la découverte constitue pour elle un grand choc.
 Elle suit à l’Université de Mexico des études de lettres et de philosophie, puis travaille comme journaliste pour différents suppléments littéraires.
 En 1974, elle quitte le Mexique pour l’Espagne où elle continue d’écrire pour les journaux (notamment ABC) sous différents pseudonymes.
 En 1982, retour à Paris. Elle travaille pendant huit ans au Consulat du Mexique, puis à l’Ambassade.
 Divorcée, Helena Paz vit à Paris avec sa mère.
 Elle est liée d’amitié depuis de nombreuses années avec Ernst Jünger et avec Banine, qui vient de s’éteindre.
 Des traductions de ses poèmes ont été publiées en 1991 par Clara Janès en Espagne sous le titre Creaturas de la noche.
 Le présent volume constitue la première publication en France de ses textes, écrits pour leur quasi-totalité en langue française.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Onyx

PETITE ANTHOLOGIE

Onyx
(extraits)

A Peter Prentice

De sa bouche sort une buée de cristal,
Le vent agite ses cheveux
Changeants comme le reflet d’une lune,
De son bras tendu il me signale l’horizon
Et sur cette ligne pâle
Surgissent les murailles d’une ville,
Des châteaux crénelés,
Des bannières luisent avant la sonnerie du cor
Qui annoncera la bataille
Et tout reste en suspens dans la plaine,
Cet instant comme un cube de glace
Nous contiendra toujours,
Prisonniers avant la mort.

*

Nos cerveaux au choc du poème
Produisent comme un jaillissement d’étincelles,
Toute une longue nuit de feux d’artifice.
Semblables à deux roses dont les pétales s’entrechoquent,
Tintement de cristal à l’infini
Qui suscite les plans d’azur.
Un brin d’herbe qui flotte dans le vent
Nous rend légers
Et nos cerveaux, coupes bleues,
Contiennent alors tout l’air du temps.
Les coquelicots qui battent leurs pétales
Comme des oiseaux qui ne s’envoleraient jamais
Dressent flamboyantes dans nos esprits
Les crinières rauques du blé,
Et la poésie résonne de caverne en caverne
Car elle est la source de l’écho.

*

Les yeux sombres fixés sur ce sentier
De lianes qui passent au-dessus de nos têtes,
Demeure de panthères,
Sur sa peau luisent des lacs de braise,
Et ses mains fortes,
Saisiront-elles ce monde
Dont le regret lointain la fait soupirer ?