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Pays du soir

Aftonland

Traduit du suédois et présenté
par Gunilla de Ribaucourt
Préface de Jean Mambrino
Postface de Charles Juliet
Bilingue suédois-français

Collection Neige
n°11, ISBN 2-845-90076-7

16,5 €

« Une corde raide tendue à travers les ténèbres entre le monde réel et le monde de la foi » : cette phrase d’André Gide sur Pär Lagerkvist, Prix Nobel de Littérature 1951, figurait en quatrième de couverture d’un mince volume paru en 1981 aux Éditions Arfuyen.

La présente édition donne enfin la quasi intégralité de Pays du soir (en suédois : Aftonland), l’ultime recueil de poèmes de Pär Lagerkvist. La traduction de Gunilla de Ribaucourt a été revue et complétée. Recueil admirable, qui fut traduit en anglais par le grand poète Auden. L’un des livres, à coup sûr, les plus représentatifs de la constance de la ligne littéraire des éditions Arfuyen depuis leur origine, il y a trente ans.

« Une pincée de mots qu’un vent (quel vent, venu de quel espace ?) arrache à la cendre des années, écrit Mambrino dans sa préface. (…) La voix est calme, paisible devant l’inexorable, et comme saturée de silence. D’une parfaite simplicité, ainsi qu’il convient au voyageur parvenu aux portes du désert. » Une lumière étrange baigne le livre de Lagerkvist. Une lumière précise, sans flous ni halos, et pourtant comme venue d’un au-delà. Ce qui se voit ici est au-delà de notre vision habituelle, ce qui se dit ici est au-delà de toute littérature ou spiritualité.

« Qui es-tu qui remplis mon cœur de ton absence ? / Qui remplis la terre entière de ton absence ? »  Une pure interrogation, une contemplation vide et pourtant sereine. Comme une paradoxale plénitude. « Qu’y a-t-il de profond comme le manque, / Qui remplisse le cœur comme le vide… » Il y dans cette expérience une sorte de sombre sérénité – ou de pessimisme lumineux – dont on ne trouve l’expression nulle part ailleurs aussi justement que dans ces poèmes.

« Sur le pays du soir, une adhésion pleine d’espoir a fait reculer l’ombre, écrit Charles Juliet. Si la lumière nous est refusée, qu’au moins en nous jamais la flamme ne s’éteigne ». Et Juliet cite ici le sublime poème de Lagerkvist : « Que l’angoisse de mon cœur jamais ne se retire. / Que jamais je n’aie la paix. / Que jamais je ne me réconcilie avec la vie, / non plus qu’avec la mort. / Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu. »