Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Par les fossés et les haies

Paysages et saisons

PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE 2012
Traduit de l’alsacien par le Cercle Émile Storck
(Jean-Paul Gunsett, Richard Ledermann, Jean-Paul Sorg et Albert Strickler)
Préface et notes par Jean-Paul Sorg

Collection Neige
n°25, ISBN 978-2-845-90184-1

13 €

En novembre 2012 ont été proclamés les lauréats du Prix du Patrimoine Nathan Katz et de sa Bourse de Traduction, parrainés par la Région Alsace et l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA).

Le Prix 2012 distingue l’œuvre du poète et dramaturge Émile Storck (1899-1973), contemporain de Nathan Katz et l’une des grandes figures de la littérature dialectale du XXe siècle. La Bourse de traduction est attribuée au Cercle Émile Storck pour la première traduction française d’un choix de l’œuvre poétique de Storck sous le titre Par les fossés et les haies (In Gràwe un Hecke). 

On peut distinguer dans l’œuvre d’Émile Storck trois veines poétiques : l’une enracinée dans la religion de l’enfance et des années d’épreuves ; une deuxième historique et païenne : complainte de la guerre des paysans, évocations épiques. C’est sur la troisième, celle des paysages et saisons, que se concentre le présent choix. Car ici se joue quelque chose de fondamental : le lien de l’homme avec la terre et le ciel.

C’est la mission de la poésie que d’en raviver le sens et renouer les liens avec les éléments et le vivant. « Mais après de longues journées nuageuses / voici que reviennent les matins d’été / qui du haut d’un ciel inondé de soleil rayonnent / d’un bleu adorable dans une tremblante lumière. // Des matins où les ombres se découpent tranchantes / comme de l’acier entre forêts et prairies / et où l’air pareil à du cristal étincelant / brise les couleurs derrière des plaques polies, // de sorte qu’au fond de la vallée, sur le dernier versant, / l’on voit s’embraser fermes et rochers en lueurs dorées, / là où d’ordinaire à cette heure ils ont disparu / depuis longtemps derrière une brume grisâtre. » 

La poésie n’a pas son pareil pour décrire le jour, les couleurs et les mouvements, les flux et les états, la gravité ou la légèreté, l’opacité ou la limpidité, d’une atmosphère qui unit le ciel et la terre et associe l’homme à l’univers. Rien de plus banal, élémentaire, mais c’est là que se trouve la réalité humaine, même lorsqu’elle est enfermée ou se croit « sans nature ».

Le Prix Nathan Katz du Patrimoine distingue une œuvre du patrimoine littéraire alsacien, du moyen âge à nos jours, écrite en dialecte ou en allemand et encore peu ou pas traduite en français, afin de témoigner de la richesse exceptionnelle d’une culture profondément marquée par le dialogue des cultures. Les précédents lauréats de ce prix ont été : en 2004 Jean Arp (1886-1966) ; en 2005 les frères Matthis (1874-1930/1944) ; en 2006 Alfred Kern (1919-2001) ; en 2007 Jean Geiler de Kaysersberg (1446-1510) ; en 2008 Gustave Stoskopf (1869-1944) ; en 2009 René Schickele (1883-1940) ; en 2010 Rulman Merswin (1307-1382) et l’Ami de Dieu de l’Oberland ; en 2011 Jörg Wickram (1505-1562).