• Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Silvia BARON SUPERVIELLE

Pages de voyage

Image de couverture de François Rouan

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°145, ISBN 2-845-90035-X

11,5 €

La clef du titre de ce nouveau recueil est donnée dans son tout dernier poème : « par ce blanc / ou par un autre // je ne fais que / ces pas // je ne vois / que ces pages / de voyage ».  

Le propos est le même que celui des deux précédents recueils : le blanc est espace, les pages sont pas, l’écriture est l’essai toujours recommencé de faire le voyage, d’accomplir une vie.

Toujours est à refaire la traversée qui nous mène d’un continent à l’autre de nous-mêmes, de la rive orientale à la rive occidentale. Comme ce premier geste, fondateur, qui mena presque à son insu, comme sous l’effet d’une conduite intérieure, la jeune Argentine du pays de son enfance, de la langue de son enfance, vers cette autre pays, cette autre langue que lui a donnés la France.

Et n’est-ce pas sur ces traces, précisément, que nous a conviés à la suivre le tout premier poème du recueil : « elle se dirige /vers les lointains /de naguère //où les mirages /rendent claire/la voix ». 

Profonde est cette nostalgie qui nous guide vers un avenir que nous ne comprenons pas, que nous ne savons pas même dire et que seuls nous laissent par instant deviner les lignes labyrinthiques de notre passé : je m’écarte du trajet : « en déplaçant les flammes / que les vents ramènent / aux feuilles détachées / en promenant la lanterne / qui sépare l’obscurité /en me rappelant la vague / persistante qui revient / retomber sur elle-même / et le soleil couché / sur la pierre grave / qui le retient ».