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Didier AYRES

Monologue depuis le refuge

Postface de Jean Maison

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°186, ISBN 978-2-845-90143-8

13,5 €

Les deux premiers recueils de Didier Ayres parus aux Éditions Arfuyen, Comme au jour accompli (2003) et Le Livre du double hiver (2005) ont permis de découvrir une voix exigeante et brûlante. L’intensité et l’éclat d’un René Char alliés à la pudeur et la sobriété d’un Philippe Jaccottet. 

Ce troisième recueil, Monologue depuis le refuge, confirme la force et la singularité de cette écriture sans complaisance comme sans consolation. « En marge du monde, écrivait Jean-Yves Masson, la poésie de Didier Ayres se tient au plus près des sources, elle veille, elle célèbre, sans nostalgie qui la parasite, le pur accomplissement du jour de la parole. Et elle attend, passionnément, une réponse encore à venir, mais déjà toute proche. »<

Ce livre comporte deux grandes parties : Monologue depuis le refuge suivi du Petit livre de patience. Ce dernier est lui-même subdivisé en 10 mouvements : Des scènes, Le carnet spirituel, Pour un cahier, Si je devais une parole, Parabole, L’invention imparfaite, À propos du mélange des éléments, La clarté, Juxtaposition et In memoriam.

On le voit par la tonalité de ces titres, il ne s’agit pas ici de simples exercices littéraires ou poétiques. L’enjeu est vital : c’est toute une existence qui cherche à se dire et, par le dire, à se justifier. Car rien ne va de soi dans cette vie, sauf l’habitude, qui nous est pour cela si confortable : « Dès l’aube, il faut une raison de vivre. Oh ! Comme une petite bête toute chaude et amicale. » C’est la première phrase du Monologue. Comme les premiers mots d’une confession publique.

Didier Ayres est homme de théâtre et, lisant ce texte, on croit l’entendre comme une parole proférée sur scène, à la fois très intime et violente, arrachée de sa propre chair et lancée vers le spectateur inconnu. S’il en fallait une preuve, voici la dernière phrase du Petit livre de patience  : « Le cahier est un hospice, mais pas une échappatoire, car je ne renonce pas, je continue de mettre à jour, de rendre visible de l’intérieur ce qui est intérieur. Faire la page est un grand théâtre de pierre, le monologue de mon époque, et ma table est restée fidèle et claire. »

Écrire est un acte à la fois secret et spectaculaire, incompréhensible et solennel. Marqué d’une nécessité irrésistible et mystérieuse. À jamais injustifiable comme notre destin. Mais c’est un beau combat, qu’il faut mener sans faiblesse aussi bien que sans illusion : « Il s’agit bien d’un livre véridique, écrit Jean Maison dans sa postface, avec toute sa force salvatrice, dans la filiation consacrée par l’œuvre et par l’homme veillant à sa table face au cœur battant de la vie. »