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Charles-Eugène WEISS

Malgré la nuit et le brouillard

Carnets, lettres et sermons
d’un jeune pasteur alsacien enrôlé de force

Traduit de l’allemand par Marthe Weiss
Préface de Marc Lienhard

Collection « Les Carnets spirituels »
n° 47, ISBN 2845900821

17 €

Comment se battre avec les assassins alors qu’on est destiné à vivre et répandre une parole d’Amour ! Comment accepter une mort apparemment si inutile ? C’est en quoi la méditation de Charles Eugène Weiss, comme celle d’Etty Hillesum, est si proche de nous : tous deux brillants, sensibles et amoureux de la vie se retrouvent face à l’évidence du Mal, face à l’absurdité d’un destin avorté, auquel ils essaient de donner sens.

Les présents textes sont reproduits d’après une plaquette publiée à Colmar en 1946 par la mère de l’auteur : Clarté dans la nuit, rassemblant les lettres, carnets et sermons de Charles Eugène Weiss, traduits de l’allemand par ses soins. Le titre, Malgré la nuit et le brouillard, fait référence à une lettre datée d’Ostrov, au nord de la Russie, le 5 juillet 1943.

« Elles sont bien émouvantes, écrit Marc Lienhard, doyen honoraire de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, ces pages rédigées par un jeune homme de vingt et un ans. De 1940 à 1943 il avait tout juste eu le temps d’entreprendre des études de théologie à Erlangen et à Tübingen avant d’être happé par la machine infernale qui a broyé tant de vies humaines et apporté tant de malheurs au monde. »  

Le livre témoigne des conditions de vie d’un soldat envoyé malgré lui sur le front russe. Les choses sont évoquées avec prudence, car les lettres des Alsaciens sont particulièrement surveillées. Mais on a ici un tableau très vivant de la vie matérielle des soldats, de l’atmosphère qui régnait dans la troupe, des relations avec les supérieurs, de la perception du pays et de ses habitants ainsi que du lien très fort avec les familles et la France.

Mais ce qui ce qui frappe avant tout, c’est la dimension spirituelle de ces pages : « Comment ne pas être saisi par cette foi simple, profonde et qui mûrit tout au long d’une année à peine passée au front. Il y avait pourtant de quoi douter de Dieu et des hommes ! Homme de prière, Charles Eugène ne doute pas, attaché qu’il est de tout son être au Christ vivant, enraciné dans la réalité divine qui lui donne une étonnante liberté intérieure (…). Si simple qu’elle soit, cette foi n’exclut pas les questions et va de pair avec la réflexion. Mais elle est là, immédiate, paisible, sereine. Témoignage bouleversant d’un homme de vingt et un ans, centré sur l’essentiel. »