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LUXUN

(1881 - 1936)

 Luxun (Zhou Shuren) est né le 25 septembre 1881 à Shaoxing (Zhejiang) dans une famille de fonctionnaires et de petits propriétaires terriens tombés dans la misère.
 Après une formation primaire traditionnelle, fondée sur l’étude des classiques, il entre dans une école de style occidental.
 En 1902, il part pour le Japon et y entreprend des études de médecine qu’il abandonne toutefois en 1906 pour se consacrer à des activités littéraires, plus utiles selon lui au salut de ses compatriotes.
 En 1908, il écrit ses premiers grands essais parmi lesquels Le pouvoir des poètes de Mara, une étude sur les poètes occidentaux rebelles du xlxe siècle.
 Il est de retour en Chine en 1909, professeur de chimie et d’histoire naturelle dans sa province natale.
 La victoire de la révolution menée par Sun Yatsen (1911) et la fondation de la République (1912) l’amènent à travailler à Pékin comme employé au Ministère de l’éducation nationale mais, déçu de constater que rien n’a véritablement changé, il se consacre essentiellement à l’étude des textes anciens.
 A la veille du renouveau idéologique et culturel du « Mouvement du 4 mai » (1919), il commence à écrire sous le nom de Luxun les nouvelles qui le rendent célèbre : Le journal d’un fou, La véridique histoire d’A-Q, Le remède.
 Chargé de cours dans plusieurs universités et grandes écoles de Pékin, il y enseigne l’histoire du roman chinois jusqu’en 1926. Sa liberté étant alors menacée du fait de l’aide qu’il apporte à la jeunesse pour lutter contre les vieilles idées féodales, il part pour le Sud.
 A la suite du coup d’Etat de 1927, lorsque le Guomindang (privé de son chef Sun Yatsen, mort en 1925) rompt ses alliances de gauche et organise dans tout le pays une répression brutale, Luxun se fixe à Shanghai où il demeurera dans la clandestinité jusqu’à sa mort.
 Dans la « Chine silencieuse » où les publications non officielles sont censurées, les éditeurs poursuivis et les écrivains arrêtés, Luxun essaie de faire entendre le cri de sa patrie déchirée par la guerre civile.
 Il meurt de tuberculose le 19 octobre 1936, alors même que les armées japonaises envahissent le pays.
 Après la Libération (1949) et la fondation de la République populaire, il restera, en dépit de toutes les fluctuations politiques, l’image même de l’intellectuel intrépide, du poète-patriote au grand coeur, tel qu’il se voulait en fidélité à l’esprit du noble et prestigieux Qu Yuan.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Poèmes

PETITE ANTHOLOGIE

Poèmes
Traduit par Michelle Loi
(extraits)


Une fille de Qin, visage sévère, fait vibrer sa harpe
La poussière des poutres danse dans le vent léger de la nuit
Tout à coup la note, trop vive, a brisé la corde de glace
Mais on voit, rapide, s’enfuir une étoile, tel un cri puissant

*

Dix mille faces noires, en plein champ, dans les ronces
Comment oser la plainte qui ébranle la terre
Mon coeur immense crie, emplissant l’univers
J’entends dans le silence éclater le tonnerre

*

Ma patrie noire sous le sceau des nuages d’encre
Une nuit sans limites barre tout accès au printemps
L’année qui s’en va, comment pourrait-elle avoir été plus triste
Coupe en main, je déguste un plat de poissons-billes