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John KEATS

Les Odes

suivi de La Belle Dame sans Merci

Traduit de l’anglais et présenté par Alain Suied Bilingue anglais-français

Collection Cahiers d'Arfuyen n°95, ISBN 2908825333

12,2 €
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 « "Puérile", "maladive", "vulgaire", "abstraite", "répétitive", "licencieuse", "insensée" : on ne saurait citer, écrit Alain Suied, tous les qualificatifs qui accueillirent, au XIXe siècle, en Angleterre, la publication des poèmes de Keats. Cette œuvre vouée à la beauté et au malheur du vivant, à la quête d’une allégorisation vivace de la brièveté et de la disparition d’une existence,à l’éloge d’Homère et de Dante et à la remise en question des conceptions poétiques de ses contemporains et désormais tenue pour la plus influente dans l’univers si riche et si varié de la poésie moderne de langue anglaise, fut l’objet des sarcasmes et des insultes de nombre de ses contemporains. »
 Byron lui-même le traite de « Self-polluter of the human kind ! » Pourquoi ce rejet ? s’interroge le traducteur et préfacier. Car ce travail de traduction ramrquablement précis et scrupuleux est aussi un travail de relecture très personnel. Et l’on sent que, parlant de Keats, Alain Suied explore aussi ce qu’est la poésie et ce qu’elle représente. C’est un portrait vivant de Keats qu’il nous livre car il le fait vivre de sa propre vision.
 Pourquoi donc ce rejet de la poésie de Keats par les « Modernes » de son temps ? Selon lui, la ballade de La Belle Dame sans Merci, traduite du poète français Alain Chartier par Chaucer, en donne selon lui la réponse. 
 Car Keats ne retient du long poème médiaval que le mythe essentiel. La Belle Dame est pour lui la figure centrale du romantisme : cette figure proche de la Fée appartient au monde de l’enfance, c’est la figure maternelle par excellence. Alain Suied va plus loin : « C’est, dit-il, la symbolisation même du non-dit romantique : le refus de la Loi de fer (industrielle) du Père, l’espoir sans espoir d’un Retour au sein originel. Mais aussi la terrible réalité du sexe : non pas chevalerie, non pas rêve hamlétien – mais errance et esclavage, abandon à l’Industrialisation naissante. »