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Georges-Daniel  ARNOLD

Le Lundi de Pentecôte

Der Pfingstmontag
précédé d’un texte d’hommage de Goethe

PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE 2016
Sortie en librairie le 17 mars 2016
Traduit et présenté par Susanne Mayer et Roger Siffer
Préface de Dominique Huck

Collection "Neige"
n°33, 248 pages, ISBN 978-2-845-90229-9

16 €

Der Pfingstmontag (Le Lundi de Pentecôte) est l’œuvre fondatrice de la littérature dialectale en Alsace, mais aussi de cette forme culturelle spécifique qu’est le « théâtre alsacien », illustré par Stoskopf ou Germain Muller. La présente traduction paraît pour le 200e anniversaire de sa parution (1816), grâce au Prix Nathan Katz du Patrimoine 2016, doté par l’Office pour la Langue et la Culture d’Alsace (OLCA).

Le texte original en texte alsacien a été numérisé dans le cadre de la la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France. Sa référence sur le site sur le site GALLICA est la suivante :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bp...

À la manière du célèbre Ami Fritz d’Erckmann-Chatrian, le Pfingstmontag est un tableau idyllique de l’Alsace, qui rend hommage à une forme de convivialité et un art de vivre dont l’Alsace a toujours eu la nostalgie. C’est également une savoureuse galerie de caractères, pris dans une action dont les ressorts sont ceux de la meilleure tradition comique, de Molière à Feydeau. Mais c’est aussi et peut-être surtout un véritable trésor de la langue. Grand connaisseur de la culture populaire alsacienne, Roger Siffer a accepté, avec sa compagne Susanne Mayer, de relever le défi de traduire et de présenter ce texte fondateur d’une grande tradition dont il est aujourd’hui l’héritier.

Pendant de longues années, Arnold, grand lettré parfaitement trilingue, adepte des idées révolutionnaires, ami et conseiller du préfet Lezay-Marnesia, a pris l’habitude, lors de réunions d’amis comme d’entretiens familiers, de sortir de son portefeuille des bouts de papier où il note expressions, dictons, jurons et tournures propres au parler strasbourgeois. À ceux qui lui demandent : « Que voulez-vous faire de cela ? », il répond : « Vous verrez bien un jour ! »

Paru en 1816, son chef-d’œuvre théâtral inaugure avec éclat la littérature alsacienne. Goethe salue la pièce avec enthousiasme : « C’est à bien des égards que cette pièce est à recommander, tant pour ce qu’elle apporte que ce qu’elle évoque. Elle mérite bien que nous continuions à nous en occuper pour contribuer à sa diffusion à venir. » Et il ajoute : « Qu’on nous pardonne le préjugé et la prédilection que nous avons pour cette œuvre, et un plaisir qui est influencé peut-être par le souvenir. » Car, venu étudier le droit à l’université de Strasbourg d’avril 1770 à août 1771, Goethe a bien connu l’Alsace d’avant la Révolution évoquée par la pièce.

« L’action se situe en 1789, note Goethe, alors que la vieille bourgeoisie de Strasbourg se maintient encore bec et ongles contre les influences novatrices. L’œuvre redouble ainsi d’importance à nos yeux, car elle perpétue la mémoire d’un mode de vie qui devait être plus tard sinon détruit, du moins violemment remis en cause. »