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Didier AYRES

Le Livre du double hiver

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°153, ISBN 2-845-90058-9

13,5 €

Voici le deuxième recueil de Didier Ayres publié par Arfuyen, après Comme au jour accompli : « La poésie de Didier Ayres, écrivait Jean-Yves Masson en postface à ce texte, est, me semble-t-il, destinée à occuper une place très singulière dans les années à venir, quand seront révélés au public les manuscrits accumulés par cet auteur qui a choisi la solitude de la Corrèze pour se consacrer entièrement à l’écriture. (…) En marge du monde, la poésie de Didier Ayres se tient au plus près des sources, elle veille, elle célèbre, sans nostalgie qui la parasite, le pur accomplissement du jour de la parole. Et elle attend, passionnément, une réponse encore à venir, mais déjà toute proche. » 

« Chapelle d’or de ton visage / à l’amitié de l’aujourd’hui / pour ce toujours de nouveau / attends attends la nuit en sa chambre d’été /où va l’oiseau de givre du souvenir / attends le déjà toujours venu / en quoi tu peux et peux encore. » Ainsi commence ce nouveau livre de Didier Ayres. Dans le même espace magique où se déployaient les brefs poèmes de Comme au jour accompli s’introduisent plus nombreuses les figures de l’inquiétude.

L’amour est la figure centrale de ce Livre du double hiver, mais au lieu de pacifier l’espace, il semble lui donner une tension plus aigue et comme doukloureuse. Comme s’il rendait plus sensible encore la mort qui s’y love. Comme si, affinant plus encore le sentiment de la beauté, il aiguisait aussi l’angoisse de sa précarité.

Ecoutons, au milieu du recueil, ces vers extraits d’un ample poème, d’une forme toute nouvelle dans l’œuvre de Didier Ayres : « à ce frère d’étrangeté que j’habite et qui m’habite / forme brève du silence / éternité à ce passage / eau brûlante des chambres / la mort est sans doute elle aussi un sommeil mais touché de la flèche chaude de la nuit / division n’est rien à ce séjour comme arbitraire / de ce désir qui vient battre en soi /comme un torrent de pourpre dans le milieu du jour /le monde m’est diurne / j’ai peu de ce trait pourpre de la mort / je suis absence au rien de signifier / je parcours comme à l’envers. »