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Rainer Maria RILKE

Le Livre de la Pauvreté et de la Mort

Texte intégral
traduit de l’allemand et présenté par Jacques Legrand
BILINGUE ALLEMAND-FRANÇAIS

Collection « Les Carnets spirituels »
n° 94, 128 pages, ISBN 9782845902411

11 €

Le Livre de la Pauvreté et de la Mort est constitué d’une suite d’une trentaine de poèmes de longueur très inégale. Avec une force de révolte qui paraîtra moins dans les recueils de la maturité, Rilke oppose la vie moderne – la ville monstrueuse, le culte de l’argent, l’accumulation des déchets – à la vie spirituelle, avide de solitude et de pauvreté, en dialogue avec la mort et avec Dieu.

Partout présente dans cette grande invocation, la figure de François d’Assise, le Poverello, la figure par excellence du pauvre : « Ô toi qui sais, toi dont l’immense science / te vient de pauvreté, de trop de pauvreté : / fais qu’on ne chasse plus les pauvres / ni que le mépris les piétine. »

Selon Lou Andréas-Salomé, la conception du livre, publié la même année que l’essai Sur Rodin (1903), est marquée par l’art du sculpteur : « La sombre puissance du dieu qui d’abord protège en son sein l’être naissant se dresse comme une sorte de gigantesque masse montagneuse où l’homme est enfermé. »

En 1941, Arthur Adamov publie dans l’urgence dans la revue Fontaine, repliée à Alger, une adaptation très libre de ce texte avec une préface foudroyante : « J’ai le droit de dire de tous mes contemporains qu’ils ne sont que gonflés de leur propre vide, pourris d’amour-propre jusqu’à la putréfaction. » Ce qui est étonnant, c’est que cette version n’a cessé depuis d’être rééditée comme la traduction du Livre de la Pauvreté et de la Mort, même si elle ne comporte qu’une grosse moitié de l’original et ne vise pas aucunement à la fidélité.

Le texte de Rilke est pourtant assez beau et fort pour être lu pour lui-même. Le mérite de la traduction de Jacques Legrand, depuis longtemps épuisée (1re édition Arfuyen, coll. « Ivoire », 1997), bilingue et commentée, est de permettre de lire enfin le vrai texte de Rilke. Jacques Legrand est l’un des meilleurs spécialistes de la poésie de Rilke, dont il fut le co-traducteur au Seuil.