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Stéphane RUSPOLI

Le Christ essénien

L’origine essénienne du christianisme
et du Messie de Nazareth

Collection Les Carnets spirituels
n°41, ISBN 2-845-90070-8

16 €

Les Manuscrits de la mer Morte, émanant de la secte mystique juive des esséniens de Judée, apparue plus d’un siècle avant les premiers chrétiens, continuent de passionner amateurs et savants, car ils posent sous un nouveau jour le problème tant débattu des origines du christianisme.

Philosophe arabisant et hébraïsant, Stéphane Ruspoli propose ici un bref et vigoureux essai qui bouleverse profondément les idées habituellement reçues sur ce point essentiel.

Après avoir interrogé les documents originaux, il en conclut que non seulement le mouvement essénien a servi de berceau idéologique au christianisme, mais que la venue de Jésus-Christ a été annoncé et préparée par la secte juive de la « Nouvelle Alliance ». Pour lui, il n’y a donc pas de rupture de continuité historique entre le messianisme des esséniens et les Évangiles, ce qui modifie non seulement la compréhension de la relation entre judaïsme et christianisme, mais aussi l’approche de la personnalité du Christ.

On s’est parfois étonné que le Nouveau Testament ne souffle pas mot des Esséniens, alors qu’il mentionne tous les groupes représentatifs du judaïsme au temps de Jésus : pharisiens, sadducéens, zélotes, hellénistes, sans oublier les samaritains, les publicains et les païens. Ce silence paraît assez compréhensible quand on sait d’une part que les Esséniens se désignaient eux-mêmes comme les « Pauvres », les « élus », les « Fils de la Lumière », les « repentants », autant d’expressions récurrentes dans l’Évangile, et d’autre part que beaucoup d’esséniens se sont ralliés à la foi en Jésus Christ. 

Leur grand réformateur et guide spirituel, le mystérieux « Maître de justice », fut sans doute, comme Jean Baptiste, un important précurseur du Messie de Nazareth. C’est ce que ce livre essaie de montrer. En effet, si les premiers groupes de l’Église naissante étaient principalement formés de juifs d’origine essénienne, le silence de l’évangile à leur propos s’expliquerait beaucoup mieux.

Si le prophète Jean venait de l’essénisme, comme l’ont admis plusieurs savants de premier ordre, pourquoi exclure que Jésus venait du même milieu essénien ? On imagine difficilement le prophète Jean acclamant un obscur pharisien comme le Sauveur attendu s’il venait du parti adverse. Les malédictions de Jésus contre les Pharisiens rendent absurde la théorie de son appartenance à l’école pharisienne.

Contrairement à une idée reçue, Jésus était un homme instruit, un docteur ayant une parfaite maîtrise des Écritures. Ceci implique une formation religieuse inhabituelle pour un simple artisan galiléen. Jésus parlait certes l’araméen, mais il devait également savoir assez bien le grec.

L’Évangile nous montre le déroulement d’un plan messianique dont il fut l’acteur lucide, consentant et absolument résolu. Jésus croyait profondément dans la prédestination divine, inscrite dans le prophétisme biblique, et qui est caractéristique chez les esséniens, alors qu’une telle conception était devenue lettre morte chez les pharisiens et les sadducéens.