Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Alfred KERN

Le Carnet blanc

Utlimes poèmes et proses

Préface de Philippe Jaccottet
Avant-propos de Gérard Pfister

Collection "Les Cahiers d'Arfuyen"
n°135, ISBN 2845900155

14,5 €
Acheter

Alfred Kern est mort le 12 septembre 2001 à la clinique Saint-Joseph à Colmar. Vingt ans après son dernier roman, Le Viol, par chez Gallimard en 1964, Arfuyen l’avait poussé à revenir à la littérature avec deux recueils de poèmes : Gel & Feu, paru en 1989, et Le Point vif, paru en 1991.

Dix ans après ce dernier recueil, un an après sa mort, voici Le Carnet blanc, qui recueille ses derniers textes, proses et poèmes. Pages de ferveur et de profond détachement, riches de souvenirs et de la toujours neuve « surprise d’exister », comme un dialogue passionné avec la grandeur mystérieuse du paysage mais aussi avec cette mort toute proche qui va le faire basculer dans un lieu indicible.

En hommage à Alfred Kern, Philippe Jaccottet, dont on sait combien il est rare qu’il accepte de s’exprimer au dehors de ses livres, a bien voulu écrire la préface de ce Carnet blanc. Il y livre ses souvenirs de l’immédiat après-guerre, lorsqu’il avait fait la connaissance de Kern : « Si lointain que soit désormais le souvenir d’une des rares soirées que j’ai dû passer chez eux, l’espèce de bonté dont ils rayonnaient, lui et sa charmante jeune femme russe, Halina, m’est encore aujourd’hui très sensible (…) Alfred Kern est mort en septembre dernier ; le seul survivant des "quatre mousquetaires" et de tout ce groupe d’écrivains plus âgés qui étaient dans une certaine mesure leurs maîtres – si l’on peut ainsi parler s’agissant d’esprits aussi indépendants – et que j’ai, moi-même beaucoup aimés, admirés, commentés : Armen Lubin, André Dhôtel, Henri Thomas, sans oublier Pierre Leyris, l’incomparable traducteur, lui aussi disparu l’an dernier. Cette nouvelle ne pouvait pas ne pas m’être douloureuse ; il fallait qu’à ce lointain ami j’adresse un salut chagriné. » 

Il y marque aussi ce qui le rapproche de l’écriture et de la sensibilité de Kern, exilé volontaire au pied du Hohneck comme il l’est lui-même auprès du Mont Ventoux : « Lisant ces pages si dépouillées, si intérieures, je me dis que Kern, devenu le contemplateur de plus en plus immobile du paysage que son refuge lui offrait tous les jours, Kern avec sa passion des choses visibles et des autres, avec l’enfance restée si présente en lui, dans le bonheur certes fragile mais pour lui si durable de l’amour, je me dis qu’il avait vraiment atteint ce centre que la profusion romanesque risquait peut-être de faire oublier, et d’où montagne et flamme de bougie peuvent être vues comme tressées ensemble pour un regard assez clair. »