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Georg HEYM

La Ville de souffrance

Postface de Ernst Stadler
Traduit de l’allemand par Jean-François Eynard
Bilingue allemand-français

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°25, ISBN 2903941216

7,62 €

« Heym, écrit son ami Ernst Stadler, est un prêtre de l’effroi, un visionnaire de l’horrible et du grotesque. Un frère de Poe et de Baudelaire (à qui l’apparente aussi la rigueur de sa métrique et de sa prosodie) et peut-être plus encore, frère de Rops et de Kubin.

« Entièrement pris par le spectacle de ses figures, comme saisi d’étonnement par ce qu’elles ont de terrible, mais sans un répondant perceptible de l’âme, sans émotion lyrique, tout entier voué à la puissance objective de ses images dont il brosse souvent les contours défigurés dans le monstrueux et l’aveuglant à coups de traits froids, durs et violents.

« La rigoureuse objectivité qui, imperturbablement, aligne image après image sans jamais dévier ni s’égarer dans l’imprécision, l’inflexible régularité de son rythme enserrant en une forme concise et immuable un chaos bouillonnant et brûlant, alliées à l’étrangeté de ses sujets, produisent un effet des plus singuliers : une danse des morts dans les formes obligées d’un cérémonial de cour. »

Né en 1887 en Silésie, mort accidentellement à Berlin en 1912, Heym est avec son ami Jakob van Hoddis l’une des figures les plus marquantes de l’expressionnisme berlinois. Et il convient de noter ici que c’est précisément quelques semaines après l’accident tragique de Heym que Hoddis ressentira les premiers signes de la maladie mentale qui le retranchera de la société, dès 1914 et jusqu’à son assassinat au camp de Sobibor en 1942.

« On en a assez, écrit Stadler pour exprimer l’esprit de leur génération, de n’être toujours que le chantre de la dernière note, le rejeton tardif. La volonté s’emploie à désigner l’avant au lieu de regarder en arrière. Être un point de départ, risquer des maladresses et des fautes de goût plutôt que de s’étioler dans les rêves d’un formalisme de plus en plus figé. »

L’œuvre de Heym, présentée ici pour la première fois en français dans la remarquable traduction de Jean-François Eynard, exprime de manière saisissante le malaise et les incertitudes de la société berlinoise à la veille de la première guerre mondiale.