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Benoît de CANFIELD

La Règle de perfection

Texte établi et présentépar Dominique et Murielle Tronc

Collection Carnets Spirituels n°67, ISBN 9782845901285

16,5 €
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 Cet ouvrage s’inscrit dans la suite des différents Carnets Spirituels que nous avons consacrés aux fondateurs de l’École française de spiritualité : Madame Acarie (1566-1618), François de Sales (1567-1622), Pierre de Bérulle (1575-1629), le Père Joseph (1577-1638), Vincent de Paul (1581-1660), Saint-Cyran (1581-1643).
 Né en 1562, Benoît de Canfield est l’aîné de tous et a exercé une influence considérable sur ce mouvement de renouveau spirituel auquel nous devons dont nous devons tant de choses aujourd’hui encore. Canfield présente en outre la singularité d’être anglais et d’avoir écrit en français. Il est le maillon le plus important entre la mystique rhénane, dont il est l’auteur de langue française le plus proche, et la spiritualité française.
 Son œuvre unique, La Règle de perfection, est un des chefs-d’œuvre de la mystique occidentale, mais est présentée ici pour la première dans une édition grand public. Citons deux avis éclairants sur Canfield et son œuvre. L’abbé Bremond : « C’est une belle œuvre ardente, lumineuse et dont, pour ma part, je m’explique sans peine le grand succès. » Quant à Haldous Huxley, il insiste sur la profonde connaissance qu’a Canfield de la grande tradition mystique depuis Denys l’Aréopagite : « Benoît de Canfield était un savant, qui avait lu non seulement l’Aréopagite, mais aussi tous les mystiques importants du moyen âge et du seizième siècle... ». 
 Le présent texte reproduit les quinze chapitres essentiels de la Règle de perfection, le chef d’œuvre de Benoît de Canfield.
 Canfield refusa longtemps de publier sa Règle de perfection, tout en prêtant des cahiers à ses dirigés. Mais des copies circulèrent en France et en Flandre. Lorsque la Règle paraît enfin, en 1608, deux ans avant sa mort, Canfield exclut encore de cette édition la troisième partie de son ouvrage, qui en constitue cependant à ses yeux l’essentiel, mais qu’il lui semble alors dangereux de donner au public. La parution de la traduction de L’Ornement des noces spirituelles de Ruysbrock l’Admirable (1606) le convainc enfin qu’une publication est utile et légitime. 
  En 1609 paraît, hélas, à Rouen chez Jean Osmont, une édition « pirate » de cette troisième partie qui fait scandale. L’année suivante l’auteur publie une édition « officielle », qu’il est du coup obligé de revoir profondément dans le sens souhaité par les autorités ecclésiales de l’époque : le texte est complété d’un chapitre 16 (de la main d’un confrère !) et de quatre chapitres 17 à 20, soit cinq chapitres, sur la Passion du Christ de la main de Benoît de Canfield) ; le chapitre 21 reprend l’Examen pour la troisième partie qui suivait le chapitre 15 dans l’édition Osmont et que nous avons donc reproduit à sa suite.
 L’ensemble de la Règle de perfection a été rééditée il y a 27 ans par Jean Orcibal (P.U.F., 1982), mais cette édition s’adressait d’évidence à un public d’érudits : faisant alterner le texte de l’édition Osmont et celui de l’édition Chastellain, il en résultait en effet une grande lourdeur et une difficulté à appréhender le texte original.
 Nous avons pensé préférable de revenir ici au seul texte conforme à l’original du texte de Canfield, celui de l’édition Osmont. Nous avons colligé ce texte sur l’exemplaire conservé à la bibliothèque de Troyes.