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Jean-Marc FRÉCHETTE

La Porte dorée

Postface de Robert Marteau
Publié en coédition
avec les Éditions du Noroît (Québec)

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°132, ISBN 2845900015

11 €

À mi-chemin de l’orient d’un Georges Schéhadé et du terroir d’une Marie Noël, il s’agit sans doute de quelques-uns des poèmes d’inspiration chrétienne parmi les plus beaux qui aient été écrits au XX° siècle.

Le Psautier des Rois était une contemplation de l’enfance du Christ. La lumière du verger nous situait aux côtés de saint François et de sainte Claire. La Porte dorée nous fait vivre dans la proximité d’Anne et Joachim, les parents de Marie. Thèmes mille fois évoqués, auxquels l’écriture de Fréchette, par sa vibrante sensibilité et sa merveilleuse justesse, parvient à donner, miraculeusement, l’accent de la nouveauté même.

« Son visage se levait parfois vers les cimes / Lointaines du Carmel. Un vent la traversait, / Fluide et grand, pendant qu’elle écoutait / La source jaillir des profondes nappes de l’âme. » Dans ce poème, c’est Anne qui est évoquée. Et voici Anne à nouveau : « La lampe palpite au coin de la table. / Anne est penchée sur son ouvrage de lin. / Elle est penchée en Dieu. Le visage / De son enfant brille comme une pomme pure. / Les étoiles sont des brins de neige suspendus / Au-dessus des troupeaux qui remuent un peu / Et de loin en loin éclairent la nuit / D’un son de clarine. » 

La délicatesse de touche de Fréchette est celle d’un peintre chinois ou d’un miniaturiste indien. Une lumière merveilleusement fine nimbe toutes choses comme si elles étaient vues dans la transparence même de la conscience. Cette qualité toute particulière de la vision de Fréchette, sans doute faut-il y voir la trace des années passées en Inde et du travail spirituel qui s’y est accompli.

Le poète français Robert Marteau, qui a longtemps vécu au Québec, connaît Fréchette depuis de longues années. Pour lui rendre hommage, il a écrit une belle et émouvante lettre-postface : « J’ai lu tous tes livres, écrit-il. J’ai dit un jour à notre ami et frère commun, Fernand Ouellette, que tes poésies seraient plus tard dites sans qu’on eût à en nommer l’auteur. Suprême consécration. Lisant La Porte dorée je persiste en ma conviction. Serais-tu intemporel et ainsi de tous les temps ?

« Tes contemporains en tout cas ne sont pas parmi nous. Peut-être en est-il qui aient leur nom dans la Bible : les aveugles, les voyants, les annonciateurs, les anonymes des sommets qui ont accueilli la musique et les paroles du Cantique dont retentissaient les montagnes avant l’aube des noces. C’est ta douceur qui humblement scintille et palpite, et bat doucement comme un cœur qui prie, étant venu à bout d’éteindre l’angoisse et d’atteindre la quiétude. »