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Marwan HOSS

La Lumière du soir

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°220, 82 pages, ISBN 978-2-845-90208-4

12 €

Placée dès l’origine sous le double parrainage de René Char et de Georges Schéhadé, l’œuvre poétique de Marwan Hoss (né à Beyrouth en 1948) est d’une tonalité étrange et grave qui rend chacun de ses vers immédiatement reconnaissable. Écriture ascétique et sensuelle, brûlante et raffinée. Écriture de tension comme aussi de douceur.

Dès ses premiers recueils, son travail a suscité l’intérêt d’éditeurs réputés pour leur souci de qualité : son premier recueil, Le Tireur isolé, a été publié chez GLM en 1971 et le deuxième, Messine où je passe, a paru chez Fata Morgana en 1980. L’ensemble de ses ouvrages a paru depuis lors, au rythme d’un ouvrage tous les dix ans, aux Éditions Arfuyen : Le Retour de la neige (1982), Absente retrouvée (1991), Déchirures (20004) et à présent, ce nouveau recueil Lumière du soir.

Les poèmes de Marwan Hoss ont été traduits en arabe par Antoine Jockey et publiés en 2008 aux éditions Dar An-Nahar, à Beyrouth sous le titre Œuvre poétique 1971-2004.

« C’était l’aube. / Les bédouins sortaient de leurs tentes noires, / Les alouettes vrillaient sur le sable rose, / Les chiens aboyaient, / Tandis qu’une frêle gerboise / Scrutait les alentours escarpés. / C’était un jour de septembre. / Il faisait froid. J’étais heureux. » C’est par ce poème inspiré d’un souvenir du Liban de son enfance et de sa jeunesse, que s’ouvre ce nouveau livre de Marwan Hoss.

Si la souffrance marquait de son empreinte les textes de son précédent ouvrage, Déchirures, celui-ci est marqué au contraire par une lumière douce et apaisée. Lumière du soir, certes, où un certain fond de nostalgie et gravité est toujours présent, mais aussi lumière des matins, plus profonde encore et sereine : « Chaque jour majestueuse / L’aube se lève / Dans un grand rite de lumière. »

L’écriture de Marwan Hoss se plaît à ces entre-deux du jour et de la nuit, où toutes choses semblent en attente, en réserve, et comme de passage. Car le poème a pour seul royaume l’éphémère : « Il ne restera peut-être rien / Qu’un chant bref et grave / Une colonne de mots sonores. » Il ne peut rien saisir ni retenir, seulement discrètement évoquer, suggérer. Quelques mots suffisent pour susciter un souvenir, une présence, un parfum.

Mais aussi un trait, une couleur suffisent à délimiter un espace, un silence, à marquer un accomplissement : « Tu es une ligne bleue / Sur laquelle s’achèvent mes mots. » Ce que trace la plume ou le pinceau, ce n’est jamais qu’un possible, d’autant plus puissant de ne rester toujours qu’à l’état de possible. Comme les nuances infinies de ces lumières flottantes dans les crépuscules du soir et du matin.