Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Alfred KERN

La Lumière de la terre

Das Licht der Erde

PRIX NATHAN KATZ DU PATRIMOINE 2006
Traduit de l’allemand et présenté par Jean-François Eynard
Bilingue allemand-français

Collection Neige
n°19, ISBN 978-2-845-90103-2

16,5 €

L’œuvre d’Alfred Kern a été distinguée par le Prix Nathan Katz du Patrimoine qui a été proclamé en novembre 2006. Le présent ouvrage est une contribution à l’hommage qui lui sera rendu dans le cadre des 2es Rencontres Européennes de Littérature à Strasbourg en mars 2007.

Mort en 2001, Alfred Kern est un des plus grands écrivains du patrimoine français et alsacien de l’après-guerre. Son œuvre comporte des romans, tous publiée par les Éditions de Minuit (à la grande époque des Nobel Samuel Beckett et Claude Simon) et chez Gallimard (signalons ce livre-somme extraordinaire, Le Clown, 1957, ainsi que Le Bonheur fragile, Prix Renaudot 1960). Il a publié dans les années 90 deux recueils de poèmes (Éditions Arfuyen). En 2002, a paru chez le même éditeur un très émouvant recueil posthume, Le Carnet blanc, avec une préface de Philippe Jaccottet.

L’œuvre d’Alfred Kern a été presque exclusivement écrite en français. Élevé dans le terreau de la langue populaire strasbourgeoise, il n’a pas écrit en dialecte, mais a publié à plusieurs reprises, en revue, des poèmes écrits en allemand. Les textes ici rassemblés sous le titre La Lumière de la terre, constituent l’essentiel de l’œuvre d’Alfred Kern dans cette autre langue. Et l’étonnant est qu’en les lisant on découvre combien son œuvre de langue française est marquée par cette langue sous-jacente, qui lui a transmis un peu de son imaginaire, de sa saveur et de son rythme. 

N’oublions pas que, lecteur d’allemand chez Gallimard, Kern a été aussi un connaisseur hors pair de la littérature d’outre-Rhin, contribuant à la découverte des grandes œuvres de la littérature d’après guerre, comme celle de Thomas Bernhard.

L’œuvre française a ainsi son double, qu’elle dissimule et livre tout à la fois, comme le note Jean-François Eynard : « Écartelée entre la langue de l’enfance et celle de l’âge adulte, entre la prégnance des choses et la présence de l’invisible, telle nous apparaît l’œuvre d’Alfred Kern, et c’est dans ce déchirement que se trouvent sa vérité et sa grandeur. Déchirement entre la joie intime et la mort entr’aperçue, entre la lumière des crêtes et la nuit intérieure, dialectique vertigineuse dont l’image obsédante demeure le paysage, sans cesse contemplé, médité, dans la tension qui le constitue entre proche et lointain, dehors et dedans. »