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L’Homme qui avait peur des livres

PRIX JEAN ARP DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE 2013

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n° 213, 106 pages, ISBN 978-2-845-90197-1

10 €

Le 9 novembre 2013 a été proclamé le dixième lauréat du Prix Jean Arp de Littérature Francophone, Marcel Cohen, pour l’ensemble de son œuvre. La remise du Prix a eu lieu le jeudi 20 mars 2014 à Strasbourg.

Marcel Cohen a publié chez de nombreux éditeurs : depuis Galpa au Seuil (1969) et Voyage à Waïzata aux Éditeurs Français Réunis, (1976) à Hostinato Rigore chez Actes Sud (1986) et Tombeau de l’éléphant d’Asie chez Chandeigne (2002). Il a même publié chez un éditeur espagnol un texte en judéo-espagnol Letras a un pintor (Almarabu, Madrid, 1985), publié ensuite en français aux éditions de L’Échoppe (1997).

Mais c’est chez Gallimard qu’a paru l’essentiel de son œuvre : Miroirs (1981) ; Je ne sais pas le nom (1986) ; Le grand paon-de-nuit, (1990) ; Assassinat d’un garde (1998). C’est surtout la série publiée sous le titre général Faits qui a permis la découverte de cette écriture à la fois très classique et très singulière : Faits, Lecture courante à l’usage des grands débutants (2002) ; Faits II (2007) ; Faits III, Suite et fin (2010). Sur la scène intérieure, Faits (2013).

Créé en 2004, le Prix Jean Arp de Littérature Francophone est depuis l’origine parrainé par le Ministère de la Culture et l’Université de Strasbourg. Par leur diversité comme par l’intégrité et la force de leur travail, les lauréats qu’il a distingués expriment l’orientation de ce Prix pas comme les autres : en 2004, Jean Mambrino (France) ; en 2005, Henri Meschonnic (France) ; en 2006, Marcel Moreau (Belgique) ; en 2007, Bernard Vargaftig (France) ; en 2008, Anise Koltz (Luxembourg) ; en 2009, Pierre Dhainaut (France) ; en 2010, Denise Desautels (Québec) ; en 2011, Valère Novarina (Suisse-France) ; en 2012, Silvia Baron Supervielle (Argentine-France) et en 2013 donc, Marcel Cohen.

Marcel Cohen est aujourd’hui l’auteur d’une œuvre en prose considérable. Or sa démarche est bizarrement en plus étroite parenté avec celle de la poésie : « En règle générale, confirme Marcel Cohen, je me sens plus proche des poètes que des prosateurs. Ils sont plus conscients des problèmes de forme et du fait que la forme c’est le fond. Des poètes comme Henri Michaux, Paul Celan, Edmond Jabès, André du Bouchet, Jacques Dupin, ou Claude Royet-Journoud, auteur d’une tétralogie chez Gallimard, et pour ne citer qu’eux, illustrent à merveille ce qu’Adorno disait de la musique de Schoenberg : “Elle honore l’auditeur parce qu’elle ne lui concède rien” » Il est donc particulièrement intéressant, pour une maison d’édition spécialisée depuis près de 40 ans dans le domaine de la poésie, de s’interroger avec Marcel Cohen sur ce qui fonde sa très particulière expérience de l’écriture.

L’Homme qui avait peur des livres a été conçu comme un ensemble de réflexions, à travers des approches et des formes variées, sur le rapport de l’homme au livre. À travers ces textes qui peuvent ressembler à des portraits très singuliers ou au contraire à des aperçus d’ordre général, c’est évidement sur sa propre expérience de la lecture et de l’écriture que Marcel Cohen porte le questionnement. Ce faisant, il nous livre des éléments des plus éclairants pour comprendre une œuvre qui entretient une relation privilégiée avec la poésie.