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L’Angle noir de la joie

PRIX JEAN ARP DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE
Publié en coédition
avec les Éditions du Noroît (Québec)

Collection Les Cahiers d'Arfuyen«  n°194, ISBN 978-2-845-90160-5

10 €

Denise Desautels est aujourd’hui une des grandes voix de la littérature de langue française. Sa bibliographie imposante, la haute exigence dont témoigne son itinéraire, ainsi que les distinctions majeures qui lui ont été décernées devraient attirer l’attention sur son œuvre. Mais voilà : elle vit au Québec, et la littérature d’outre-atlantique accède difficilement aux lecteurs de Vieille France…

Il est vrai aussi que Denise Desautels n’a pas le goût de la publicité. Sa discrétion transparaît dans des notes biographiques extrêmement pudiques, alors que ses textes suggèrent tant de conflits et de blessures. Le ton de ses textes est âpre, rude, sans concession, mais toujours dans l’ellipse, la distance, la retenue. Pendant la mort ou Tombeau de Lou sont significatifs de cette démarche radicale, de cette attitude frontale face à l’interrogation ultime.

Ce tout nouveau livre de Denise Desautels, L’angle noir de la joie, est publié en coédition avec les Éditions du Noroît (Québec) dans le cadre du Prix de Littérature francophone Jean Arp 2010. Denise Desautels est le troisième auteur non français à recevoir de ce Prix (après le Belge Marcel Moreau et la Luxembourgeoise Anise Koltz) et la deuxième femme (après Anise Koltz).

Les créateurs littéraires sont confrontés aujourd’hui à une massification de la culture sans précédent dans l’Histoire. Elle s’exprime à travers la marchandisation du marché du livre et ses corollaires : la normalisation des produits et l’exigence d’un succès immédiat. Elle s’exprime également à travers une pression croissante des cultures dominantes de l’économie mondialisée, au préjudice des langues minoritaires, menacées de marginalisation et d’éviction du marché éditorial. Le Prix de Littérature Francophone Jean Arp veut mettre en avant le français comme langue choisie – cas d’un Beckett, d’un Ionesco ou d’un François Cheng –, et non pas comme langue subie. Comme langue de résistance à une mondialisation uniquement fondée sur la marchandisation et la massification.

Qui est Denise Desautels ? « Je suis née au milieu de l’autre siècle, a-t-elle répondu un jour, à Montréal, dans la partie francophone de la ville, la partie est, pauvre, démunie, ouvrière, dans un quartier, le Plateau Mont-Royal. Je parle français à l’autre bout du monde, et c’est un miracle – ou une aberration. […] Écrire, pourquoi ? Pour ne pas étouffer. Aux prises avec une première blessure… sans fin. Une première mort, une deuxième, une autre encore, etc. Une dizaine – peut-être plus – en autant d’années, qu’on dit d’enfance et de jeunesse. […]

« Écrire comme on fait des fouilles. Se retirer dans une ‘‘chambre à soi’’. Apprivoiser la solitude et le silence pour entendre ce qui se passe a l’intérieur. L’extrême état de veille pour que les mots multiplient les points de vue, pour qu’ils les associent et les dissocient, pour qu’ils réinventent la courbe du temps et luttent férocement contre toute entrave, contre tout ce qui pourrait s’insurger contre la vie. L’écriture contre l’immobilité. L’écriture en quête d’éclaircie. »

L’angle noir de la joie comporte onze parties : « Et nous aurons des filles » ; « Penser ne pas penser » ; « Vers quelle bouche te tourner » ; « La dernière rivière » ; « Sur fond d’océan » ; « Rose désarroi » ; « Vigilances » ; « Une improbable rédemption » ; « Quai Rimbaud » ; « Posture d’automne » ; « Québec dites-vous ».