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Kamal KHEIR-BEIK

(1935 - 1980)

 Kamal Kheir-Beik est né à Kordaha, près de Lattaquié, en Syrie, d’une famille de paysans le 27 novembre 1935.
 Dès 1953, il commence à militer dans les rangs du Parti National Syrien qui travaille à édifier la « Grande Syrie » comprenant, outre la Syrie actuelle, le Liban, la Jordanie, la Palestine, une partie de l’Irak et de la Turquie et Chypre.
 Au terme de ses études secondaires, il s’exile au Liban et s’inscrit à la Faculté des Lettres de Beyrouth.
 Il participe au groupe Shiir (Poésie), aux côtés notamment d’Adonis, de Yusef Al-Khal et de Unsi Al-Hadj.
 Il est nommé en 1959 responsable de l’information au sein du Parti National Syrien.
 En 1960, il publie à Beyrouth son premier recueil de poèmes, Le vol¬can. La même année, il prend part à une tentative de coup d’Etat con¬tre le Président de la République libanaise, Fuad Shihab, et est condamné à mort.
 Il se réfugie en Jordanie, puis en France où il entreprend un doctorat d’Etat sur « le mouvement moderniste dans la poésie arabe contemporaine » sous la direction de Jacques Berque.
Il fait paraître à Beyrouth en 1965 un second recueil intitulé Manifestations tumultueuses pour la folie qu’il signe du pseudonyme de Kamal Mohammed.
 Le soutien qu’il donne aux groupes d’action palestiniens l’amène à quitter la France. Il poursuit ses recherches littéraires à Genève sous, la direction de Simon Jorgy et soutient sa thèse en 1972.
 Il est élu l’année suivante membre du Conseil Suprême du Parti National Syrien.
 De 1973 à 1975, il enseigne la littérature arabe à l’Université de Genève, puis il regagne le Liban où il demeure jusqu’à sa mort.
 Il collabore à de nombreuses publications politiques pro-palestiniennes mais ne fait paraître, malgré une création abondante, que de très rares poèmes.
 Il est assassiné le 8 novembre 1980, quatre ans après le début de la guerre civile libanaise.
 Ses manuscrits sont recueillis par ses amis et publiés au début des années 1980.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le Temps de l’éclipse

PETITE ANTHOLOGIE

Le Temps de l’éclipse
traduit par Mohammed Oudaimah et Gérard 0fister
(extraits)

Monter

La mort est montée à moi
vêtue de la robe des sages
j’ai escaladé ma main
je me suis glissé au creux du ciel
Et j’ai trouvé Dieu qui m’attendait et pleurait
Sur ses genoux était le Prophète
il portait en chapelet mes larmes
et celles des poètes

Cri

Ô le cri
au coeur de ce silence
II souffle dans l’espace
puis s’évanouit
Il me dit :
Je suis une lueur étrange
puis meurt

 

Livres

Les livres ont tremblé sur les rayons
craché leurs entrailles secrètes
La gloire est pour les chiffres, pour les signes
pour les cadavres de poèmes oubliés
La poésie :
un mot enterré dans la bibliothèque
un autre qui ressuscite sur le bout de la langue