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JULIENNE DE NORWICH

(ca 1342 - ca 1416)

On ne sait presque rien de la vie de Julienne de Norwich.

Elle serait née vers 1342-43. Son niveau d’instruction et son style laissent deviner une femme d’une grande profondeur intellectuelle, la première femme à écrire en langue vernaculaire. Pour certains, c’était une religieuse bénédictine qui choisit de devenir recluse. D’autres voient en elle une épouse et mère de famille qui aurait perdu son mari et son enfant durant la Peste Noire.

À 30 ans, Julienne eut une grave maladie pendant laquelle elle reçut ses révélations. On ne sait pas si elle vivait déjà recluse au moment où elle écrit le texte court de ses Révélations ou si elle ne l’est devenue que plus tard. Pour certains, ce texte serait un texte de probation pour obtenir de l’évêque de Norwich qu’il l’autorise à vivre recluse.
Julienne aurait écrit le « texte long » vingt ans après le « texte court », vers 1390-1400 et sur une longue durée.

En 1414, la mystique Margery Kempe vint la voir à Norwich.

Elle serait morte après 1416, à plus de 70 ans.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Les Révélations de l’Amour divin

REVUE DE PRESSE

Julienne de Norwich : "Les révélations de l’Amour divin", par L. Appel (C. Cisterciensia)
Léonard Appel (01/02/2017), par Collectanea Cisterciensia

On ne sait pas grand-chose de Julienne de Norwich, même son nom semble emprunté à l’église Saint-Julien, à Norwich (East Anglia), près de laquelle elle était recluse. Le XIVe siècle est celui de la peste noire, de vies brèves, de guerres et de schismes.

Parmi tant de malheurs et de chaos, cette âme se cloîtra en « anachorète » et s’orienta résolument vers ses visions intérieures. Cachée, recluse, solitaire, sa théologie mystique – sa vision de Dieu en qui elle admire « courtoisie » et douceur – traverse les siècles catholiques et anglicans. Elle offre une voie médiane qui a influencé le tempérament anglais, fait de feu et de retenue. Théologienne, elle voit tout à partir de Dieu et a la vocation de partager avec tous ce que Dieu lui montre dans ses visions. […]

Dans ces visions, Dieu se montre aimable et courtois, rassurant : « All shall be well », tout concourt au bien, tout a un sens, tout converge. Julienne de Norwich, plus que d’autres, insiste sur la présence paisible et maternelle de Dieu, bien différent de Celui qui se venge et punit. « Il dit très doucement : "Sache-le bien, ce ne sont pas des hallucinations que tu as eues aujourd’hui. Reçois cette vision, crois la, garde-la, tiens-toi à cela et tu ne seras pas vaincue » (p. 89). […]

Mère Julienne dénonce les craintes malsaines – d’effroi, de culpabilité, de doute – et ne reconnaît que la crainte pleine de douceur et de délicatesse qui vénère et aime. Tout ce qui tourmente, inquiète et trouble la personne relève d’un esprit mauvais.

À la fin du « texte court » des « Révélations de l’Amour divin » (qu’elle a commenté plus tard dans un « texte long »), la mystique tire cette conclusion magnifique :
« Dieu veut toujours que nous soyons assurés dans l’amour, paisibles et tranquilles, comme Il l’est envers nous » (p. 100).

Actuel malgré les siècles passés et l’écart de sensibilités, voici, en une centaine de pages, un trésor de simplicité et de détente spirituelle, de repos et de confiance. Belle présentation dans la collection « Les Carnets spirituels », un joyau d’édition interculturelle chez Arfuyen.

[La lecture de Léonard Appel, Bruxelles, dont nous présentons ici des extraits a paru dans le Bulletin de spiritualité 2017.2 de la revue Collectanea Cisterciensia].