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Leonardo SINISGALLI

J’ai vu les Muses

Vidi le Muse

Traduit de l’italien et présenté
par Jean-Yves Masson
Bilingue italien-français

Collection Neige
n°17, 218 pages, ISBN 9782845900974

19 €

Unique, étrange, l’œuvre de Leonardo Sinisgalli, mort à Rome en 1981, ne cesse à présent d’être redécouverte. Les Éditions Arfuyen ont été les premières en France à publier cette œuvre du vivant de son auteur (L’Âge de la lune, trad. Gérard Pfister, bilingue italien-français, 1981) et à éditer quelques années après l’un de ses textes en prose les plus denses (Horror vacui, trad. Jean-Yves Masson, 1995).

La parution en édition bilingue de son chef d’œuvre, J’ai vu les Muses, dans une admirable traduction à laquelle Jean-Yves Masson a travaillé durant plus de dix ans est symbolique tout à la fois de la continuité de la ligne des Éditions Arfuyen et de cette nouvelle jeunesse de l’œuvre de Sinisgalli.

Au terme de l’été 1935, qu’il a passé dans sa terre natale, le Basilicate – qu’il appellera toujours, en pensant à Horace, « Lucanie » –, Sinisgalli compose le Quaderno di geometria et ses 18 poesie. Il trouve là son ton véritable, détaché des influences de Quasimodo et Ungaretti, comme de l’« hermétisme » commençant.

La réflexion sur la convergence entre poésie et sciences, la curiosité pour les peintres – lui-même dessine –, la méditation sur ce que les progrès techniques changent à la condition humaine, constitueront les axes majeurs d’une recherche nourrie de lectures incessantes, mais revenant toujours aux mêmes grandes références : Léonard, Descartes, Pascal, la Renaissance.

En 1943 paraît dans la prestigieuse collection « Lo Specchio » son plus important livre de poésie, Vidi le Muse (J’ai vu les Muses), qui rassemble tous les poèmes de cette nouvelle période.

C’est ce livre qui consacre durablement Sinisgalli comme l’un des poètes les plus importants de l’Italie d’après-guerre. À partir des années 60, la poésie de Sinisgalli, connaîtra une évolution vers des textes plus sombres, ironiques, de plus en plus resserrés, proches de l’épigramme, parmi lesquels l’Età della luna (L’Âge de la lune, 1962). Dans cette veine, Dimenticatoio (1978) sera son ultime publication.