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Hsin Hsin ming

Traité de spiritualité Ch’an du VI° siècle

Traduit du chinois et présenté par Daniel Giraud
Calligraphies de Jiahui Li
Bilingue chinois-français

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°82, ISBN 2908825198

10,67 €
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 Ce texte court et saisissant exprime la Voie non-duelle du Bouddhisme chinois qui rejette les sutra et les rites tant prisés chez les bouddhistes tibétains par exemple. Nous lisons ici un des rares textes « contemplatifs » (ch’an) expression de la Voie directe et non graduelle, de la Voie où l’illumination soudaine jaillit spontanément.  Hsin Hsin Ming  : que signifie ce titre ? Le troisième idéogramme, ming, ne pose pas de problèmes : il signifie « inscrit » ou « gravé » (étymologiquement : nom précieux comme de l’or). Les deux premiers caractères peuvent être saisis différemment, comme attribut ou comme sujet. En langue chinoise « esprit » et « coeur » ont même idéogramme : hsin. Suivant le contexte, si le sens est péjoratif il s’agira du mental, des pensées, l’Absolu se révélant dans l’absence de la pensée et de la personne. L’homme de parole est l’homme de confiance : sa voix est sincère, authentique. 
 L’Esprit réside dans le Coeur et cette symbolique du Centre est universelle : c’est le Soleil qui a son siège dans le Coeur qui est son oeil. Alors que la Lune correspond au cerveau donc au mental, le Soleil est en analogie avec « l’intellect pur » dans le Vide unique (i k’ung) du Coeur, de l’Esprit. C’est le seul vide (çûnya en sanscrit) qui soit Vacuité universelle (çûnyatâ) et nature illusoire du monde phénoménal, Non-forme ou forme du Vide...
 L’esprit du Tao anime autant sinon plus le Hsin Hsin Ming que la parole du Bouddha. Nous y retrouvons l’expression tzu jan (spontanéité ou nature propre) : « vacuité de la nature propre éveillée » dont il était question à la fin du vingt-cinquième chapitre de Lao Tzu : « le Tao se règle sur sa nature propre ». Nous y retrouvons aussi, bien entendu, wu wei (non-agir) : « qui est Sage n’agit pas », dont il est question chez tous les hommes du Tao comme par exemple chez Chuang Tzu : « le Non-agir libère des situations. Le Non-agir règle l’intelligence ».