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Leonardo SINISGALLI

Horror vacui

Horror vacui

Traduit de l’italien et présenté
par Jean-Yves Masson

Collection Ivoire
n°5, ISBN 298825414

14,48 €

De tous les livres en prose de Sinisgalli, Horror Vacui, par sa forme rompue et la variété de ses thèmes, est l’un de ceux qui donne le mieux à percevoir son attachante personnalité. Il rassemble avec une telle intensité les traits caractéristiques de son univers mental qu’il peut passer pour une sorte d’autoportrait spirituel. 

On y trouve tous les thèmes qui, dans d’étonnants petits traités comme Furor mathematicus, mais aussi dans ses écrits sur la peinture et dans ses poèmes, ont reçu des développements originaux qui assignent à cet auteur une place bien à part dans les lettres italiennes.

Peu d’auteurs donnent autant que Sinisgalli cette impression de rencontre avec un contemporain de toujours, avec une voix saisie dans le tremblement de sa présence singulière. L’émotion naît tout particulièrement dans Horror Vacui de ce que les souvenirs de l’enfance et de la jeunesse, le bonheur de l’esprit livré aux rêveries mathématiques, la curiosité pour tout ce qui est humain – forces et faiblesses, plénitudes et manques – sont rassemblés sous le signe des heures les plus noires de l’histoire italienne.

Certains aphorismes d’Horror Vacui disent bien le vide qui partout nous guette, et cette présence incontournable du néant à nos côtés, pour ne pas dire au-dedans de nous. C’est ici l’œuvre d’un homme qui a appris que « les guerres viennent mettre un frein à l’imagination des hommes » quand elles n’anéantissent pas entièrement leurs espoirs.

C’est pourquoi ce livre peut être aussi regardé comme un viatique – la tentative d’un homme qui rassemble ses forces pour continuer sur le chemin du poème, quand l’avenir semble incertain. Il doit son mystère au fait d’avoir été écrit, au plus intime de ses désarrois, par un homme qui a déjà « pesé sur sa vie de tout le poids de son cœur ».