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André GOZIER

Henri Le Saux, un moine chrétien à l’écoute des Upanishads

suivi de la Déclaration sur les relations de l’Église
avec les religions non-chrétiennes

Préface de Françoise Jacquin

Collection Les Carnets spirituels
n° 63, ISBN 978-2-845-90120-9

14 €

L’expérience spirituelle d’Henri Le Saux, moine bénédictin – et, comme Annamalai Swami, très marqué par Ramana Maharshi – est l’une des plus fascinantes du XX° siècle. Citons ses ouvrages les plus importants : Ermites du saccidânanda, coédité avec Jules Monchanin (1956) ; Sagesse hindoue, mystique chrétienne (1965) ; Rencontre de l’hindouisme et du christianisme (1965) ; Une messe aux sources du Gange (1967) ; Éveil à soi, éveil à Dieu (1971) ; Souvenirs d’Arunâchala (1978) ; Introduction à la spiritualité des Upanishads (1979) ; Intériorité et révélation (1982) ; La montée du fond du cœur (1986). Les yeux de lumière (1979). Des lettres ont paru ces dernières années, notamment les passionnantes Lettres d’un sannyâsi chrétien à Joseph Lemarié (1992). De nombreux titres sont, hélas, épuisés.

La radicalité avec laquelle Henri Le Saux s’engage sur le chemin escarpé du dialogue inter-religieux exigeait de solides fondations. Sa formation monastique en parallèle avec sa méditation incessante des écritures de l’hindouisme le préservèrent du risque de lâcher ses amarres. Il faut se souvenir que le « sannyasi chrétien » – ainsi se définissait-il lui-même – a mené son expérience dans un tragique déchirement du cœur, sans le répit d’un retour en Europe. Grâce à lui une voie totalement nouvelle a été frayée, dont la fécondité spirituelle n’est aujourd’hui qu’à peine entrevue.

Rédigé par l’un des meilleurs spécialistes de l’œuvre de Le Saux, ce petit volume en offre une approche originale à plusieurs titres. C’est d’abord le témoignage personnel de la « rencontre » du père bénédictin André Gozier avec son aîné bénédictin, Henri Le Saux. Pourquoi et comment l’aîné, ermite itinérant en Inde, a-t-il tant marqué son cadet parisien, alors en études à l’abbaye Sainte-Marie de la Source ?

C’est surtout une réflexion approfondie sur le cheminement qui mena Le Saux, moine de Kergonan, sur les sentiers les plus vertigineux de la spiritualité indienne : la découverte de la pensée de Ramana Maharshi, puis la plongée dans les Upanishads lui ont ouvert des voies nouvelles et bouleversantes qui le mèneront d’un total dénuement matériel à un dénuement intellectuel difficilement imaginable.

C’est enfin une introduction à la spiritualité des Upanishads, immense et aujourd’hui encore trop peu connue, parce que très difficile d’accès. Les traductions des Upanishads sont, en effet, nombreuses, mais souvent incomplètes et peu homogènes. La numérotation des versets n’est pas toujours identique et il existe de notables variantes. Le P. Gozier a travaillé sur l’ensemble des traductions françaises existantes et propose une présentation claire et pédagogique de ce corpus et en fournit une sélection commentée d’extraits, permettant ainsi au lecteur un « corps à corps » direct avec ces textes essentiels.