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Lars GUSTAFSSON

(1936)

 Lars Gustafsson est né en 1936 à Västerâs, chef-lieu du Läns Västmanland, non loin de Stockholm.
 Il passe dans cette ville son baccalauréat et poursuit à l’université d’Uppsala des études de philosophie, de littérature, d’esthétique et d’anthropologie.
 Il obtiendra en 1961 un doctorat de philosophie pour une thèse intitulée Langage et mensonge. Trois philosophes du langage extrémiste : Friedrich Nietzsche, Alexander Bryan Johnson, Fritz Mauthner.
 En 1957 paraît à Uppsala son premier livre, Vägvila (Halte en route), qu’il définit comme un « mystère en prose ».
 Lars Gustafsson publie à l’âge de vingt et un ans son premier roman, Les derniers jours et la mort du poète Brumberg, qu’il considère par la suite comme son véritable début. Frères, qui paraît en 1961, constitue le deuxième volet d’une trilogie que complétera en 1966 Rapport authentique sur Monsieur Arenander. Tout au long de ces trois ouvrages, le doute sur l’identité du moi et sur l’autonomie du sujet constitue un thème permanent : « Il ne va pas de soi que tu existes, lit-on dans Frères  ; cela est même plutôt étrange, et cela peut finir à chaque instant. »
 Un an après Frères paraît le premier recueil de poèmes de Lars Gustafsson, Les navigateurs en ballon. L’oeuvre poétique de Gustafsson ne cessera de se développer parallèlement à son oeuvre de romancier et d’essayiste.
 De 1965 à 1972, Lars Gustafsson travaille comme rédacteur en chef de la prestigieuse revue littéraire suédoise Bonniers litterära magasin.
 En 1971 paraît Monsieur Gustafsson lui-même, premier volume d’un nouveau cycle romanesque en cinq parties intitulé Les lézardes dans le mur. Le dernier volume de ce cycle, La mort d’un apiculteur, sera publié en 1978.
 En 1973, Lars Gustafsson se rend à Berlin-Ouest en tant que professeur invité par le service d’échanges académique allemand. Lars Gustafsson effectue de nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis et enseigne dans plusieurs pays.
 En 1982, il quitte sa ville natale de Västeras où il avait eu jusqu’alors sa résidence et s’installe à Uppsala.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le silence du monde avant Bach

REVUE DE PRESSE

A l’éventaire
Le Journal des poètes (06/01/1984), par André Doms

 Toujours chez Arfuyen, quinze poèmes du Suédois Lars Gustafsson que le poète a traduits avec Guillevic. Une voix particulière, s’interrogeant sur l’être, ses dépendances au monde, au temps. 
 L’identité est incertaine, l’âme fuyante « atterrie pour un instant / sous l’ombre fuyante du nuage », à peine incarnée, peut-être réincarnée, guère plus qu’« un état entre les états » comme ces eaux des étangs de Westphalie en hiver. La force est moins en elle qu’en ce vieil arbre sec, « point de jonction du paysage », seule réalité sans doute, quand tout le reste qui l’environne n’est qu’« Une illusion / agie par lui ».

PETITE ANTHOLOGIE

Le Silence du monde avant Bach
traduit par Guillevic et Lars Gustafson

Hiver dans un village de Westphalie

Quelqu’un a renversé une coupe de fine porcelaine
sur les étangs et les collines et les arbres.

 

Parfois cette coupe est éclairée d’en haut
et quelque chose se dessine. Estompé seulement.

L’eau des étangs n’est pas tout à fait gelée,
elle n’est pas non plus tout à fait de l’eau.

Un état entre les états, dans le crépuscule
les phares d’une lointaine auto

vibrent, comme des lumières arrivant de la profondeur du tout.
Trop anciennes pour garder leur longueur d’onde.

Tout à coup dans un tournant la chaude odeur d’une soue.
Deux canards s’élèvent en battant des ailes, résolus,

comme si les enfers étaient remplis d’oiseaux.

Le vieil arbre

Le vieil arbre sec,
comme forme pas si différent d’une flamme.
Il est le point de jonction du paysage.

Les corneilles le savent
Elles l’ont élu.

Il se pourrait
que dans ce paysage
seul l’arbre soit réalité.

Tout le reste ?
Une illusion agie par lui.