Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Édith de  LA HÉRONNIÈRE

Guerres

Proses

Image de couverture de Sibylle Friedel

Collection Cahiers d'Arfuyen n°144, ISBN 2845900333

12 €
Acheter

Guerres n’est pas à proprement parler un recueil de poèmes : il s’agit de proses courtes, ciselées avec une précision et une férocité qui évoquent la plume acérée d’un Jules Renard. Plusieurs de ces proses ont été publiées la revue Légendes.

Deux textes placés en épigraphe expliquent le titre : d’Héraclite, « La guerre est le père de tout, le roi de tout » ; de Bloy, « Vous n’aimez pas la guerre ! Vous n’aimez donc rien ! » 

La manière d’Édith de la Héronnière n’est pas dans les rêveries lyriques, ni dans les compositions oiseuses. Elle parle peu, mais sec, mais vif. Chaque mot porte, chaque image est à méditer longuement. Mais jamais elle ne veut faire mine de s’appesantir. Tout est simple, et souvent même du domaine de l’infime (elle a une prédilection pour les insectes ou les plantes), mais d’une terrible âpreté, d’une vision forte et sans concession sentimentale.

Citons, sous quelques lignes de « Crucifixion »  : « Son destin est d’épouvanter. Chasseur ne sachant tuer, il guerroie à coup de vent. Les bras en croix, il a l’air d’un supplicié fiché en terre, voué à des agonies illimitées. Ses haillons pendent. Un haut-de-forme grotesque le coiffe de travers comme par un fait exprès. Le vent agite ses chiffons de fortune et donne parfois des ailes à ses basques en guenilles. Si des pailles lui bourrent le torse, il ressemble à un noyé remonté à la surface. (…)

Lui, n’a pas d’ailes pour lui courir après ni de cœur à se venger. Seul l’espace infini du songe lui est donné. Aussi rêve-t-il, de nuits blafardes en jours brûlants, que l’un d’eux (un jour ?) brave l’épouvante et se pose tranquillement sur son épaule de miséreux pour lui chanter une sérénade dépourvue de ricanements – un andante d’où toute peur, enfin, serait absente. »