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Ishikawa TAKUBOKU

Fumées

Kemuri

Traduit du japonais
par Alain Gouvret, Pascal Hervieu et Gérard Pfister
Bilingue japonais-français

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°46, ISBN 2-903-94143-6

9,91 €

En 1979 a paru sous le titre Ceux que l’on oublie difficilement la première traduction française d’un des auteurs les plus bouleversants de la poésie japonaise : Ishikawa Takuboku, sorte de Rimbaud japonais mort à 26 ans en laissant une œuvre mince mais d’une extraordinaire densité, et surtout marquée d’un ton intensément personnel.

La poésie de Takuboku, disions-nous à l’occasion de ce premier volume, est d’une nudité qui risque toujours de basculer dans la banalité, la platitude. Des visages, des regards, des silhouettes entraperçus. Tout un monde flottant, dérivant, à l’extrême bord du désespoir.

Il en est de même dans ce nouveau recueil. Précisons que la suite de textes intitulée Kemuri (Fumées) figure dans l’ensemble Ichiaku no suna (Une poignée de sable) dont elle constitue, la deuxième partie. 

Ici encore Takuboku nous fait voir la misère du monde des villes. Des hommes et des femmes de tous âges, de toutes conditions, saisis dans leur essence, presque sans aucune description. 

Écoutons-le : "Quand venait l’exaltation il pleurait / agitait les mains, il parlait / comme s’il était ivre" ; "A la fin des vacances / la jeune enseignante d’anglais / n’a pas reparu" ; ou encore, avec cette ironie poignante qui lui est propre : "Jusqu’au chignon / que portait au village la femme du médecin / je le regrette".

Du souvenir le plus ténu de son enfance (si proche encore lorsqu’il écrit : il n’a que vingt-cinq ans), du visage le plus ingrat, de la notation la plus misérable qu’il tire de sa mémoire, Takuboku, par le seul miracle d’une exactitude absolue, implacable et en même temps pleine de compassion, fait surgir la beauté inaperçue et poignante.