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FRANÇOIS DE SALES

(1567 - 1622)


François de Sales est né en 1567 au château de Sales, au nord d’Annecy, d’une famille noble de Savoie. Il est l’aîné de six frères et sœurs.
Son père l’envoie en 1583 à Paris, au collège de Clermont, où il développe un grand amour pour la France, pourtant en conflit fréquent avec son Duché natal. A Paris il commence à étudier la théologie.
En 1588 il rentre en Savoie, d’où il repart pour étudier le droit à Padoue. Il y suit également des cours de théologie. Il refuse la vie mondaine et se tient à une vie strictement réglée. Lorsqu’il tombe gravement malade, il demande que son corps soit donné à la science : « Qu’au moins, je serve de quelque chose au public puisque je n’ai servi de rien en ma vie ». Rétabli, il reçoit son diplôme en 1592.
Peu après son retour en Savoie, il annonce son intention d’embrasser la vie religieuse. Son père s’oppose d’abord violemment à sa vocation, mais cède lorsque l’évêque de Genève lui obtient la position de prévôt du chapitre, l’office le plus élevé du diocèse. François est ordonné le 12 juin 1593.
Depuis la Réforme, le siège de l’évêché de Genève a été transféré à Annecy. Mais le duc Charles-Emmanuel de Savoie est décidé à faire revenir le catholicisme sur tout son territoire et demande en 1594 à l’évêque de Genève d’envoyer des missionnaires, parmi lesquels François de Sales. Cette prédication lui attire une vive hostilité. Comme les protestants refusent d’assister à ses sermons, il les fait imprimer sur des feuilles volantes. Sa renommée grandit au point que le pape Clément VIII le charge de discuter avec Théodore de Bèze, le « Patriarche de la Réforme ». En fin d’année 1598, le pape le confirme comme coadjuteur de l’évêque de Genève.
En 1600, le duc de Savoie entre en conflit avec Henri IV. L’évêque envoie François de Sales à Paris pour obtenir de lui que les biens confisqués par le roi de France soient rendus au clergé. Herni IV lui propose de devenir archevêque, ce qu’il refuse. Il rencontra Madame Acarie et Pierre de Bérulle et les aidera à introduire l’Ordre du Carmel en France.
En 1602, François de Sales succède à son protecteur comme évêque de Genève. Réclamé à Dijon pour des sermons en mars 1604, il y rencontre Jeanne de Chantal. Quelque temps plus tard, il devient son directeur spirituel. En 1609, il reçoit l’ordre de rétablir l’ordre de Saint-Benoît dans l’abbaye de Talloires, puis le pape Paul V l’envoie en Franche-Comté régler un litige entre l’Eglise et les Habsbourg. En 1609 paraît son Introduction à la vie dévote qui sera réimprimé plus de quarante fois du vivant de son auteur...
Après la mort de sa mère, il renonce à tous ses titres de noblesse. En 1610, il fonde l’Ordre de la Visitation avec Jeanne de Chantal. Il choisit ce nom pour ses filles « parce qu’en visitant les pauvres, elles devraient imiter Marie, quand elle visita Elisabeth portant la grande joie qu’était en elle ». L’ordre nouveau doit se consacrer à la contemplation, mais aussi à l’aide des pauvres et au travail ménager : « Traitez des affaires de la terre, recommande-t-il, avec les yeux fichés au ciel... Tout ce qui se fait pour l’amour est amour... »
De 1610 à 1613, le duc de Savoie refuse à François de Sales de quitter le territoire de crainte qu’il ne complote au profit du roi de France. Sa réputation qui ne fait que croître. En 1615 paraît son Traité sur l’amour de Dieu, écrit en partie pour les sœurs de la Visitation. 
En 1619, il accompagne à Paris le duc de Savoie qui marie son fils avec la fille du roi Henri IV. C’est la première fois qu’il peut prêcher à Paris depuis plus de dix ans. Il devient le père spirituel d’Angélique Arnault, abbesse de Port-Royal, et se lie d’amitié avec Vincent de Paul. Le cardinal de Retz lui propose de devenir son coadjuteur. Il revient à Annecy en 1620 où son frère est nommé évêque coadjuteur.
Il reçoit du pape de lourdes missions et sa santé se dégrade de plus en plus. Le duc de Savoie lui demande à nouveau de l’accompagner pour une mission diplomatique à Paris. Sur son parcours, il visite les maisons de la Visitation et voit Jeanne de Chantal à Lyon pour la dernière fois le 12 décembre 1622. Il meurt le 28 décembre 1622.
François de Sales a été déclaré bienheureux dès 1661 et proclamé saint dès 1665.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le Petit Livret

PETITE ANTHOLOGIE

Le Petit Livret
(extraits)

 Pensez que vous êtes un petit saint Jean qui doit dormir sur la poitrine de notre Seigneur et reposer entre les bras de sa divine Providence. Nous n’avons point d’autres intentions ou intérêts que la gloire de Dieu ; car si nous en avions, nous les retrancherions tout aussitôt. Enfin comme un autre saint Jean, demeurez toute remise et abandonnée entre les bras de notre Seigneur, par la remise de tout votre être à son bon plaisir et sainte Providence. Ô Dieu ! quel bonheur d’être ainsi entre les bras et mamelles de celui duquel l’Épouse sacrée disait : « Vos tétins sont incomparablement meilleurs que le vin ».
 Demeurez donc ainsi, très chère sœur, comme un petit saint Jean, et tandis que les autres mangent diverses sortes de viandes en la table du Sauveur, reposez et penchez par une toute simple confiance votre tête, votre amour et votre esprit sur la poitrine amoureuse du cher Sauveur ; car il est mieux de dormir sur ce sacré oreiller, que de veiller en toute autre posture.

 Vivez toute à Dieu en la très sainte nudité de toute chose, surtout de vous-même. Jésus vous tienne saintement esclave de sa sainte croix, nue de tout ce qui n’est pas lui-même ; que s’il vous donne des sentiments et consolations de sa présence, c’est afin que sa présence ne tienne plus votre cœur, mais lui et son bon plaisir.

 Adorez Dieu le plus souvent que vous pourrez par de courts, mais ardents élancements de votre cœur. Je vous ai si souvent parlé d’admirer sa bonté, faites-lui des révérences, jetez-vous aux pieds de sa sainte croix, invoquez. son aide, donnez-lui mille fois votre âme, et quelquefois ne lui dites mot, mais jetez un simple regard sur sa douceur.
 C’est ici un des grands articles du profit spirituel, parce que l’esprit s’entretenant si souvent et familièrement avec son Dieu, il se parfumera de toutes ses perfections.

 Voyez-vous, ma fille, nous sommes trop délicats d’appeler pauvre un état auquel nous n’avons ni faim, ni froid, ni ignominie, mais seulement quelques petites incommodités en nos desseins.
 
 Je vous souhaite un courage grand et non point chatouilleux : un courage, lequel, tandis qu’il peut dire bien résolument : « Vive Jésus ! » sans réserve, ne se soucie point ni du doux, ni de l’amer, ni de la lumière, ni des ténèbres. 
 Hardiment, ma fille, cheminons en cet amour essentiel, fort et impliable de notre Dieu, et laissons courir çà et là ces fantômes de tentations : qu’ils entrecoupent tant qu’ils voudront notre chemin.