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Femmes

Postface de Vénus Khoury-Ghata
Traduit de l’arabe par Mohammed Oudaimah
Bilingue arabe-français

Collection Cahiers d'Arfuyen n°35, ISBN 2903941326

 « La poésie de Nizar Kabbani, écrit Vénus Khoury-Ghata dans sa très belle postface à ce volume, a fusé il y a trente ans sur toutes les lèvres de la jeunesse arabe. (...) La langue parlée faisait irruption en poésie et le quotidien prenait une forme écrite. Kabbani, un novateur : la poésie à travers lui se jouait sur la place publique. La cause de ce succès, il faut la chercher dans l’écriture directe du poème, aussi cadencé qu’une chanson. Kabbani y racontait l’Orient, les abus de ses régimes politiques, la superstition de son peuple et, surtout, la femme. La réalité brutale était coulée dans une forme lyrique et le vécu sans relief doublé d’une dimension légendaire. »
 Le présent ouvrage est la première traduction en français de l’oeuvre de Kabbani, l’un des plus grands poètes arabes du XXe siècle. La femme a été la source principale de l’inspiration poétique de Nizar Kabbani. Son premier recueil de poèmes, La brune me l’avait dit » paraît en 1944. La jeunesse d’un sein, paru en 1952, rompt avec le conservatisme de la littérature arabe. Après la défaite arabe de 1967, son œuvre prend une coloration plus politique pour le soutien de la cause arabe. L’un de ses derniers poèmes, « Les enfants de la pierre », fait référence à l’Intifada dans els territoires occupés. 
 Vénus Khoury Ghata a connu personnellement Nizar Kabbani et en fait, en tant que femme, l’éloge le plus juste juste : « J’ai connu Kabbani, écrit-elle, exilé volontaire à Beyrouth après avoir démissionné de son poste d’ambassadeur de Syrie dans un pays d’Asie. Ses lectures poétiques attiraient un vaste public de femmes qui le considéraient comme leur porte-parole et le dénonciateur d’une société faite par l’homme aux mesures de l’homme. Je l’ai retrouvé, il y a cinq ans, à Paris. La guerre du Liban venait de tuer sa femme. Debout sur mon seuil, mais brisé en lui-même, calme mais habité d’une rage froide, il me tendit son poème à Balkis, que je devait traduire pour la revue Europe. "La mort a nourri ces pages", c’est tout ce qu’il trouva à me dire. (...) J’ai eu brusquement conscience que le poète donne non seulement sa vie en pâture à la poésie, mais également sa mort et celle des êtres qu’il aime. »