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Johannes ECKHART

Discours du discernement

Rede der unterscheidunge

Traduit du moyen haut-allemand
et présenté par le P. André Festugière, o. p.

Collection Carnets spirituels
n°20, ISBN 2845900309

16 €

La traduction des Discours du discernement par le Père A. J. Festugière a paru de janvier-février 1982 à mars-avril 1983 dans la revue La Vie spirituelle. Le texte ici publié en préface a paru en novembre-décembre 1977, également dans La Vie spirituelle. Du Père Festugière, Arfuyen a publié en 1998, dans la collection Ivoire, un recueil de traductions du grec ancien : Trois dévots païens : Firmicus, Porphyre, Sallustius.

Le P. Festugière est le premier à avoir traduit les rede der underscheidunge de Maître Eckhart sous leur vrai titre : les Discours du discernement. Car, étrangement, Jeanne Ancelet-Hustache a publié ce texte sous le titre de Instructions spirituelles, Alain de Libera sous celui de Entretiens spirituels et, tout récemment encore, M. Wackernagel sous le titre Conseils spirituels. Or la traduction est simple et sans détour. Rede = discours. Unterscheidung = discernement. Ce mot de unterscheidung (discernement moral et spirituel) se retrouve d’ailleurs fréquemment chez Eckhart comme chez Tauler.

Le souci d’exactitude et l’élégance d’expression du P. Festugière, qui ont fait sa brillante renommée comme helléniste, se retrouvent dans sa traduction d’Eckhart et rendent sa publication très précieuse pour accéder au plus près de la lettre comme de l’esprit de ces Discours, qui constituent un texte majeur du corpus eckhartien. La traduction du P. Festugière est accompagnée de nombreuses notes et d’un avertissement sur les principes de traduction.

Mais surtout le P. Festugière explique dans une éclairante préface son approche de ces Discours et ce qui a pu l’amener à les traduire : « Certains critiques ont voulu enlever à Eckhart les Discours du discernement sous prétexte qu’ils ne seraient pas mystiques : “Elles relèvent de l’ascèse plus que de la mystique”, écrit Jeanne Ancelet-Hustache dans son introduction. Je voudrais montrer en ces pages que, chez Eckhart, ascèse et mystique sont inséparablement liées et que la seconde fonde la première. »

Aujourd’hui que bien des commentateurs voudraient transformer Eckhart en une sorte de mystique agnostique et libertaire, précurseur des spiritualités vagues de notre temps, la lecture du P. Festugière, dans sa rigueur et sa profondeur, nous est plus nécessaire que jamais.