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Devenir le Bouddha

Trois traités,
suivis d’un Lexique des termes bouddhiques

Traduit du japonais et présenté
par Dominique Galopin et Alain Gouvret
Calligraphies de Sun Wan Gouvret
Image de couverture de Hiroyuki Moriyama

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°86, ISBN 2908825244

12,96 €

Les trois courts traités ici présentés ne donnent qu’un aperçu de l’ oeuvre de Nichiren. L’ensemble de ses écrits représente, selon les éditions japonaises, environ deux mille pages. Ils comprennent des lettres adressées aux fidèles, des traités consacrés aux doctrines du bouddhisme traditionnel ou aux théories de la nouvelle école, des remontrances exprimées aux autorités laïques ou religieuses ainsi que des notes consignées par certains disciples sur le Sutra du lotus tel que Nichiren l’enseignait.

Ces trois textes permettront pourtant au lecteur français déjà familiarisé avec la philosophie du bouddhisme de se faire une idée du système religieux développé par Nichiren au début de son enseignement ; et celui qui aborde par cet ouvrage la pensée bouddhique y trouvera, après quelques efforts, les traces de l’expression d’une sagesse tout à fait spécifique.

Le premier texte (En une vie devenir le Bouddha) exprime de façon condensée le propos de Nichiren. C’est en cette existence même que le croyant doit réaliser l’éveil : en cette existence même et non au terme de réincarnations successives ou bien après la mort, en renaissant dans un hypothétique paradis comme certains le croient. Au delà de la conscience habituelle et pragmatique qui limite l’appréhension que le sujet a de lui-même à son propre corps, voire à son esprit, Nichiren découvre « Une pensée ». Celle-ci, à chaque instant, est l’ensemble des fonctions mentales essentielles du vivant, mais aussi ce qui est perçu et produit par lui.

Ce qui est perçu est généralement conçu comme étant extérieur à l’individu mais, dans cette nouvelle expérience, il s’agit de l’un des éléments constituants de la pensée. Cette prise de conscience, qui finalement pourrait sembler n’être que l’acceptation par le sujet de ce qui forme chacun des moments de son existence, n’est possible, selon Nichiren, qu’à travers l’examen de son propre coeur ; et cet examen doit s’accomplir en corrélation avec la lecture du Sutra du lotus.

Pour Nichiren, la lecture et l’étude du Lotus doivent être conduites à travers un processus d’identification, jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’il est « le principe merveilleux des êtres en son état originel » et donc un descriptif de cette « Une pensée » qui, sans cesse, nous constitue. Cette « Une pensée » n’est pas seulement activité mentale, elle inclut également ce qui est transmis dans l’acte perceptif. Dès lors, l’ensemble des notions de dualité (soi-autre, intérieur-extérieur, etc.) dont l’expérience vécue commune nous a convaincu, s’efface.

L’édition japonaise contemporaine utilisée pour la traduction des trois écrits de Nichiren réunis dans le présent ouvrage est le Nichiren Shonin Ibun (Showa Teihon, 1982). Certains écrits de Nichiren ont été traduits en français par Gaston Renondeau, notamment dans La doctrine de Nichiren (1953) et Le bouddhisme japonais, textes fondamentaux (1965).