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Denise DESAUTELS

(1945)

 Denise Desautels est née à Montréal en 1945.
 Après des études de lettres et quelques années d’enseignement, elle publie son premier livre en 1975, Comme miroirs en feuilles, aux Éditions du Noroît. Mais c’est le troisième, La promeneuse et l’oiseau, un récit poétique paru chez le même éditeur en 1980, qui détermine l’ensemble de sa démarche poétique : sa réflexion autant que sa voix propre.
 Elle écrit plus tard, parlant de son enfance vécue dans un milieu très catholique et endeuillée par plusieurs morts : « Il n’y a eu là, pendant des années, que des blessures auxquelles on refusait de donner un nom. Et des pierres tombales qu’il ne fallait surtout pas déranger. Un jour ma mémoire s’est ouverte, et un cri en a jailli. »
 À partir des années 1980, elle fait paraître de nombreux textes dans des revues littéraires et des recueils de poésie, qui ont partie liée avec les œuvres d’artistes visuels, ce qui l’amène à participer à des événements d’envergure, à en créer même certains, où littérature et art se rencontrent.
 Depuis le début des années 1990, elle collabore à plusieurs livres d’artiste, réalisés tant au Québec, principalement aux Éditions Roselin, qu’en France et en Belgique, lesquels ont été présentés à nombre de reprises dans d’importants lieux d’exposition, dont le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée d’art de Joliette, le Center for Book Art de New York, le Centre culturel canadien de Paris, la Bibliothèque municipale de Reims, la Bibliothèque Nationale de France et le Musée Rimbaud de Charleville.
 Parallèlement à sa poésie, elle écrit des dramatiques radiophoniques. La première, Le cri, est diffusée en 1982 à Radio-Canada. Suivront Les gitanes (1985), Voix (1987), Venise – variations sur l’utopie (1989), La violoncelliste (1990) et La répétition (1993), la plupart reprises sur les ondes des radios belge, française et suisse.
 En 1998 paraît un récit « errant entre autobiographie et fiction », Ce fauve, le Bonheur, et en 2005 un abécédaire, Ce désir toujours.
 Son œuvre a été distinguée par une dizaine de prix littéraires, parmi lesquels le prix de la Fondation Les Forges en 1990, le prix du Gouverneur général du Canada en 1992 et le prix de la Société des écrivains canadiens en 2000. Un numéro de la revue Voix et Images, préparé par Louise Dupré, est consacré à l’ensemble de son travail en 2001.
 Deux anthologies de ses textes paraissent en 2004 et en 2007 : Mémoires parallèles, à Montréal, aux Éditions du Noroît, puis The Night Will Be Insistent, à Toronto, chez Guernica Editions. 
 À l’automne 2009, le gouvernement du Québec lui accorde le prix Athanase-David, la plus haute distinction décernée en littérature. Denise Desautels est membre de l’Académie des lettres du Québec.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

L’Angle noir de la joie

REVUE DE PRESSE

L’espérance réécrite
Les Affiches - Moniteur (04/01/2011), par Michel Loetscher

 Les 6es Rencontres européennes de Littérature organisées par l’Association Capitale Européenne des Littératures (l’ACEL, animée par Gérard Pfister) en association avec l’Université de Strasbourg (avec le soutien de la Ville et de la Communauté urbaine de Strasbourg) ont mis tout particulièrement à l’honneur l’œuvre du poète britannique Tony Harrison et de l’écrivaine québécoise Denise Desautels, consacrée respectivement par le Prix européen de Littérature et le Prix de Littérature francophone Jean Arp. [...]
  Les manèges dont on ne guérit pas
 Prix de Littérature francophone Jean Arp, Denise Desautels (membre de l’Académie des Lettres du Québec) fait depuis Miroirs en feuilles (éditions du Noroît, 1975) œuvre poétique autant qu’œuvre de discrétion et de rébellion à l’abîme : « D’habitude les yeux portent / Même lourds / Qui sommes-nous / De dos, sans miracle // Les arbres aujourd’hui n’existent quasiment plus // La pierre seule, masse vert vif / Les bras / Et le cuivre qui gît par terre / Bloc vivant de désir ou de désordre // Visages aveugles / Au ras du sol, crevés / Leur immensité pleurant, bruissant »
 Née à Montréal en 1945, elle est révélée, après quelques années d’enseignement, avec son troisième ouvrage, La promeneuse et l’oiseau (Noroît, 1980) et donne, parallèlement à sa poésie, des dramatiques radiophoniques diffusées sur les radios francophones – tout ce qui tient au temps et à l’angoisse d’écrire « contre l’épuisement de ses doutes »...
 Sa poésie d’une haute exigence dans sa marche à l’étoile dit « ce qu’on laisse de soi à la frontière / ce que l’aurore, sans rien trahir, recueille », ce que « le vertige éloigne / avec ce cri qu’on ne pousse pas » – et ce passage d’ombre qu’est toute vie... « Bleu janvier / Dur comme un cri / Tu en as plein la gorge / Des manèges dont on ne guérit pas. » Une écriture sans masque ni leurre « en chute libre » qui n’attend rien et qui dit avec la grâce tranchante d’un diamant contre la vitre l’attente infinie d’une vie jetée au monde, contre – tout contre l’infini...

PETITE ANTHOLOGIE