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Philippe DELARBRE

(1950)

Originaire du centre de la France, Philippe Delarbre est né à Vienne, en Autriche, en 1950.

Il est cinéaste et vit à Paris.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Scellés

Tourmentes

Nuit de marches et de veilles

REVUE DE PRESSE

Philippe Delarbre
Nouvelles de la poésie (08/01/1988), par Denise Le Dantec

Un livre qui nous émeut par ces poèmes-notes de marches et de veille qui atteignent cette « puissance de la grâce » et vertu d’espérance qui luisent, comme l’écrit Michel Cazenave dans sa préface, au fond de nos ténèbres.

L’exil est intérieur, et pourtant, il faut tenir debout : marcher « dans les mailles des brumes ».

Qui a jamais tenté d’appeler ainsi, face à Dieu, dans les lieux « les plus sauvages de la vie » sans jamais « cesser d’être l’étoile » ? Celui-là forcera sa voix afin qu’elle ouvre, enfin, sa lumière au jour, ramenée sans cesse vers son point de ramassement, son centre glacé, son terrible exil.

Et dans l’excès qui la révèle se découvre l’immense dénuement.

La franchise travaille avec l’obscur dans une sûreté d’eau-forte, où le regard intransigeant s’expose, appelant, à présent, la tendresse du retour.
 

Nuit de marches et de veilles
Marginales (12/01/1988), par Gaspard Hons

Philippe Delarbre est né à Vienne, non sous ses pavés, mais à l’ombre des restes de l’Empire. Il en a rapporté la grandeur du Surhomme et le souffle patriotique et lyrique d’une société à tout jamais oubliée.

Philippe Delarbre, en quelques mots : sciences Po, la mise en scène (avec Chabrol et Jean Marais notamment) et le sens de la marche, d’une marche identique à celle des insurgés, des errants, des soldats et des enfants d’Austerlitz ou de Verdun. Le sens de la tradition, du sacrifice et du devoir, le respect de Dieu et de l’Empereur !

Harangues, ruées, tocsins, os rompus, rêves fracassés,... pour vivre debout. Pour retrouver les valeurs d’avant 1789, pour rendre à la France sa dignité :
  ne plus vouloir 
 être de ceux qui restent
 

Refuser à ce pays un sort de peau de chagrin. Refuser l’érosion. C’est avec une voix tonitruante que nous parle le poète, l’épée à la main. Avec douceur aussi. Et avec une foi sans faille. Nous avons l’impression de suivre les chevaliers teutoniques d’Eisenstein, de revivre la Légende des Siècles, et de nous sentir presque en accord avec le cliquetis des armes. La mise en scène de Ph. Delarbre a réussi son coup :

 Souvenons-nous
 de la grande amitié
 des charges qui plongeaient
 jusqu’aux tréfonds de l’âme.

Mais à l’amitié mâle, nous préférons la fraternité ; à l’état de grâce, une franche poignée de main.

PETITE ANTHOLOGIE

Scellés
(extraits)

Mais que leur faisaient âme, exemple ou souvenir
à ceux qui un jour sont venus
et ont mis les scellés

Ce nous fut une grande déchirure

Nous qui voulions toute la violence
et la révolte du vent
ils nous condamnaient aux pires réclusions
aux pires échéances

Nous le sûmes en voyant dormir la Nuit

*

Dans la marche à l’exil, il faudra faire halte
et se dire : qu’avons-nous été ?

Il restera
le sel amer des aubes
les traits tirés du soir
l’absence de rivages

Il restera
un fond d’éternité
un doigt de vérité
l’ineffable, l’inaltérable
 d’infimes sensations

Mais qu’ils sachent
 des fleurs joncheront le sol 
 des stèles se dresseront

Nous aurons la mémoire des tombes

 

 

*

Il y eut trahison

ils quittèrent les hauteurs
ensevelirent la Nuit

brûlèrent les cartes
et les feuilles de route

s’enfuirent
vers leurs âtres et ratières
ne laissant derrière eux
que d’informes vestiges
des pas d’armes à défendre

Ce fut l’abandon
des poursuites du vent


Tourmentes
(extraits)

Il est

des ports
qui, plus jamais
ne rejoindront la mer

des villes
qui, plus jamais
ne défieront le ciel

des chants
qui, plus jamais
n’entraîneront au rêve

plus jamais