Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Jean MAMBRINO

Comme un souffle de rosée bruissant

Collection Cahiers d'Arfuyen
n°161, ISBN 2845900813

14 €

En épigraphe de son livre, Jean Mambrino a inscrit cette citation du livre de Daniel (3, 25-50) : « Il fit au sein de la fournaise comme un souffle de rosée bruissant (...) et voilà qu’ils marchaient au milieu des flammes, louant Dieu. » Elle donne à ce nouveau livre de Jean Mambrino tout à la fois son titre et son thème central.

Citons les titres des neuf parties – de dix poèmes chacune – qui permettent de saisir la tonalité du recueil : I) « Dans son éblouissante et tendre obscurité » 2) « Ta louange le perçoit » 3) « Il rentre dans ce silence » 4) « Ton désir est trop profond » 5) « Ainsi la vie se transmet » 6) « Tout est offert à qui sait voir » 7) « Ce voile déployé » 9) « L’étonnement de l’origine » 10) « Invente l’éternité ».

Le premier poème commence ainsi : « Cette danse improvise le jeu sacré/ semblable à une marche / divinement légère / au sein des flammes / où le corps se transfigure / en feu qui ruisselle| ». Et c’est par des mots en étroite correspondance que se termine le dernier : « Tu le reconnaîtrais, / au milieu des flammes. / Il est toujours là. / Ton enfance en lui, / devant toi te devance, / invente l’éternité. »  

Au juste milieu du livre, il y a ce texte numéroté 45, dont la forme brève et éclatée est unique dans tout le recueil et qui en détermine l’inflexion. Passage de la fournaise à la rosée : « Le soir venu, / il était là, / seul. // Sa pensée, / transpercée d’épines. // La rumeur rit autour. // Universelle routine / des torturés. // Il ne peut plus porter / sa mort. // à peine encore l’offrir. // Abandonné dans l’abîme, / il crie. // Donne les gouttes du sang / qui doute. // La terre sans goût ni soif / a bu. // Un vinaigre se substitue / à la rosée. // Le Tout Petit au fond de soi se nie. // Son néant / s’est remis à l’Amour. »